D'après cette étude réalisée en mai et juin par Ipsos auprès de 10 000 personnes dans 10 pays d'Europe, 26% des Français se disent en situation de précarité (+6 points en un an), et 29% des Européens (+1 point).

« On voit que la précarité s'installe de façon assez durable, malheureusement, au niveau européen », a expliqué Christelle Craplet, directrice des affaires publiques d'Ipsos BVA, lors d'une conférence de presse à Bruxelles, disant relever aussi « un sentiment de déclassement assez significatif dans la population européenne », ainsi que « beaucoup d'angoisse pour l'avenir ».

Des revenus jugés insuffisants pour couvrir les dépenses

Les causes principales de la précarité restent inchangées par rapport au précédent baromètre : des revenus jugés insuffisants, selon 71% des Européens, devant les dépenses imprévues (32%) et les problèmes de santé physique (20%).

En France, 40% des actifs estiment que leur travail ne suffit plus et ne leur permet pas de couvrir l'ensemble de leurs dépenses (+10 points), et 18% disent vivre à découvert (+3 points), montre également le baromètre.

Cette forte dégradation des conditions de vie s'explique en partie par l'envolée des prix de l'essence, liée au conflit au Moyen-Orient : 63% des Européens se disent inquiets de leur capacité à faire face à l'augmentation du prix du carburant (dont 71% des Français, +13 points), et 86% pour l'ensemble des factures d'énergie (électricité, gaz, essence..).

Des sacrifices sur l'alimentation ou la santé

Cela pousse les ménages à faire des privations sur leurs autres postes de dépenses comme l'alimentation ou la santé: 38% des Européens disent avoir fait des sacrifices « souvent » ou « parfois » pour régler leurs factures d'énergie, et 34% pour payer le plein d'essence. « Cette année c'est devenu très compliqué. Je suis arrivée à 250 euros par mois (pour le chauffage) donc ça commence à faire mal », a témoigné Virginie, 51 ans, qui vit à Roubaix dans le Nord de la France.

Pour Camille Vega, secrétaire national du Secours populaire, toutes ces données montrent « combien la situation des citoyens d'Europe se dégrade aujourd'hui », et illustrent la nécessité de se mobiliser « pour bâtir un monde plus juste et plus solidaire ».