« En restant modérés, les droits d'inscription pourraient » représenter jusqu'à 10% « des ressources universitaires » contre 2,5% aujourd'hui, selon une diapositive présentée aux membres du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (Cneser, organe consultatif) par les présidents des assises gouvernementales sur le financement des universités, consultée par l'AFP.

Cette hausse porterait le coût annuel d'une licence à environ 900 euros, contre 178 aujourd'hui, et celui d'un master à 1 500 euros, contre 254 euros, a indiqué Clara Privé, trésorière de l'Unef, qui « tire la sonnette d'alarme » face à une « augmentation colossale ».

« L'objectif est clair : trouver des ressources financières autres que celles de l'État », dénonce dans un communiqué l'Union étudiante, qui avance des calculs similaires.

Sollicité par l'AFP, le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste a temporisé. « Je rappelle que le rapport définitif n'est pas rendu. Et en tout état de cause, comme je l'ai dit, comme je le redis et comme je le redirai si nécessaire, les droits d'inscription pour 2027 en licence, en master et en doctorat pour les étudiants communautaires seront identiques à ceux de 2026 », a-t-il assuré.

En février, il a assuré qu'augmenter les frais d'inscription pour les étudiants français « à un niveau soutenable » était un « débat légitime », dans un contexte de difficultés financières des établissements. Il avait toutefois ajouté ne pas pouvoir « mettre en place une telle réforme à court terme », estimant que « les conditions (n'étaient) pas réunies à ce jour ».

Mécénat, immobilier...

Selon Clara Privé, les présidents des assises ont aussi proposé d'augmenter le recours des universités au mécénat et aux entreprises privées pour se financer, « un scandale absolu » selon l'étudiante, qui s'inquiète de « l'impact » que ça peut avoir sur la recherche. Selon elle, les sciences humaines risquent d'être délaissées au profit de recherches plus « rentables pour les entreprises ».

L'Union étudiante estime de son côté que cela risque « d'entraîner des chantages à la subvention ». Les présidents des assises ont également, selon l'Unef, encouragé les universités à « financiariser » leur immobilier, en louant par exemple les locaux à des entreprises.

Le ministère a lancé en janvier des assises du financement des universités, coprésidées par Jérôme Fournel, inspecteur général des finances et ex-directeur de cabinet de l'ancien Premier ministre Michel Barnier, et Gilles Roussel, président de l'université Gustave Eiffel, afin d'aboutir à un « diagnostic partagé » sur la situation budgétaire des universités.