Alors que les dépenses totales des services d'eau et d'assainissement (investissement, fonctionnement et remboursements) étaient de 15,4 milliards d'euros en 2024, le « scénario tendanciel » de l'étude, réalisée par La Banque postale, les intercommunalités et la banque publique de développement SFIL, table sur une « augmentation de moitié » d'ici 2040, contre « un doublement » dans le scénario le plus ambitieux.

L'une des causes de cette flambée de la facture est l'application de « Deru 2 », nouvelle directive européenne sur les eaux usées avant leur rejet dans la nature, laquelle prévoit notamment l'élimination des micropolluants.

Au moins 3,5% à 6% d'augmentation par an

Dans ce contexte, renouveler les infrastructures à un rythme qui permettrait leur maintien en état, « nécessiterait d'augmenter les tarifs du service d'eau potable d'au moins 3,5% à 6% par an et ceux du service d'assainissement de 3,5% à 4% par an jusqu'en 2040 », selon l'étude.

« Il existe des marges de manœuvre pour augmenter ce prix de l'eau », a souligné Olivier Grimberg, directeur secteur public local de SFIL, lors d'une conférence de présentation de l'étude. Il souligne que les ménages français consacrent en moyenne autour de 1% de leur budget à la facture d'eau, contre « 2% pour payer la téléphonie ».

Autre levier, celui de l'endettement, pour lequel il existe également des marges de manœuvre selon M. Grimberg. Il souligne que le délai de désendettement est généralement de trois ans pour les investissements liés à l'eau potable et de cinq ans pour ceux liés à l'assainissement, « sachant que les seuils maximaux sont entre dix et douze ans ».

Recourir à la taxe Gemapi

En ce qui concerne le grand cycle de l'eau (restauration des milieux, préservation de la ressource, action de connaissance et prévention et gestion des risques d'inondation), dont le bon état conditionne le petit cycle (eau potable et assainissement), les auteurs de l'étude préconisent de recourir à la taxe Gemapi (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations, ndlr).

Cette taxe « facultative », qui peut être levée par l'intercommunalité, s'élevait en moyenne à 9,2 euros par habitant en 2025, pour un plafond autorisé de 40 euros par habitant, selon l'étude. Ses auteurs évoquent potentiellement 2,3 milliards d'euros de ressources supplémentaires mais s'interrogent sur « l'acceptabilité d'une telle hausse » par les contribuables.