La taxe de solidarité sur les billets d'avion (TSBA), ou « taxe Chirac », censée financer le développement, mais également l'agence de financement des infrastructures et le budget général de l'État français, est passée l'an dernier à 7,4 euros contre 2,63 euros auparavant pour les vols intérieurs ou vers l'Europe.
Le ministère des Transports a annoncé le retour à compter de lundi à l'ancien montant de cette taxe pour les « liaisons dites d'obligations de service public », concernant des villes mal desservies par les transports de manière générale, au titre de « l'aménagement du territoire » et du « désenclavement de territoires pour lesquels le transport aérien constitue souvent le seul mode de déplacement rapide et efficace ».
Ce « tarif de solidarité » concerne des communes comme Aurillac (Cantal), Brive (Corrèze), Le Puy (Haute-Loire), ainsi que des lignes reliant la capitale européenne Strasbourg à des métropoles européennes (Madrid, Munich, Copenhague) et des lignes reliant la Corse et le continent, 26 lignes en tout, selon l'arrêté paru dimanche au Journal officiel, consulté par l'AFP.
« Soutenir la connectivité des territoires les moins bien desservis »
« Cette mesure traduit la volonté du gouvernement de soutenir la connectivité des territoires les moins bien desservis et d'alléger le coût du transport aérien depuis et vers ces destinations », a déclaré le ministre des Transports, Philippe Tabarot, cité dans le communiqué.
Il a ajouté rester « pleinement mobilisé pour que les territoires d'Outre-Mer puissent eux aussi bénéficier d'un taux réduit », compte tenu du « caractère indispensable du transport aérien pour ces territoires », la Commission européenne ayant jugé qu'un dispositif proposé par la France « ne pouvait pas être retenu juridiquement en l'état ».
Le relèvement de cette taxe a suscité l'an dernier une levée de boucliers du transport aérien et notamment de la compagnie irlandaise à bas prix, Ryanair, laquelle avait annoncé réduire la voilure en France.
Cette mesure intervient sur fond de grogne des usagers du train : en avril dernier, à l'occasion de la présentation d'une loi cadre sur les transports, une quarantaine de collectifs du rail avaient interpellé l'exécutif, sur le sort de lignes ferroviaire « qui ferment les unes après les autres » selon le mouvement « La colère des sans trains », qui s'est fédéré en janvier à Limoges, une des villes concernées par cette nouvelle disposition fiscale sur le transport aérien.
















