Depuis les révélations du Canard Enchaîné sur les rémunérations de Christine Boutin, la polémique sur les retraites des parlementaires n'a cessé d'enfler. Mardi, François Fillon annoncait qu’il allait interdire à ses ministres le cumul de leur salaire de ministre avec leur retraite parlementaire. Les six ministres concernés se sont exécutés aujourd’hui, renonçant tour à tour à toucher leur pension de 6.000 euros.

Le 9 juin dernier, l’hebdomadaire satirique le Canard Enchaîné révélait que Christine Boutin, ex-ministre du Logement bénéficiait à la fois de sa retraite de parlementaire de 6.000 euros mensuels et d’une rémunération de 9.500 euros pour une mission confiée par l’Elysée. Face à la polémique, l’ex ministre, contrainte de s’expliquer, annoncait qu’elle renoncait à toucher son indemnité de mission, affirmant avoir « entendu les français qui ont de petits salaires ».

Mais, en plein débat sur la réforme des retraites et sur fond de polémique autour du train de vie du personnel politique, le cumul de la confortable retraite de parlementaire avec la rémunération pour un emploi public, semblait difficilement justifiable.

Si bien que, mardi dernier, soit la veille de la présentation officielle du projet de réforme, le premier ministre François Fillon annoncait qu’il allait interdire à ses ministres de cumuler leur retraite de parlementaire et leur salaire de ministre, jugeant cette situation « pas satisfaisante ».

Les six ministres concernés ont renoncé à leur retraite de 6.000 euros mensuels

Conformément à la volonté du premier ministre, les six ministres concernés ont tour à tour annoncé qu’il renonçaient à leur retraite de parlementaire, d’un montant de 6.000 euros mensuels. Hier soir, Michèle Alliot-Marie, ministre de la justice et Roselyne Bachelot, ministre de la santé, ont été les premières à annoncer leur décision. La ministre de la Santé a demandé au président de l'Assemblée nationale (Bernard Accoyer) la suspension du versement de sa pension de parlementaire à compter du 1er juillet 2010, aussitôt imitée par Michèle Alliot-Marie.

Ce midi, c’était au tour de Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Justice, de renoncer à sa pension de parlementaire.

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Enfin, une petite heure plus tard, les trois derniers membres du gouvernement concernés, Henri de Raincourt (Relations avec le parlement), Michel Mercier (Collectivités locales) et Patrick Devedjian (Plan de Relance) ont pris les dispositions nécessaires pour suspendre le versement de leur retraite de parlementaire.

Les autres membres sexagénaires du gouvernement issus du Parlement (Hervé Novelli et Christian Blanc) n'ont pas atteint le nombre d'annuités nécessaires et continuent de cotiser pour la retraite de député ou de sénateur.

Le bureau de l'Assemblée planche sur une réforme de la retraite des députés

Parallèlement, le Bureau (organe exécutif) de l'Assemblée nationale, où sont représentés tous les groupes politiques, a décidé mercredi de créer un groupe de travail interpartis sur la réforme de la retraite des députés.

« Tout doit être mis sur la table avec le souci d'aboutir à des propositions équitables au regard des efforts qui sont demandés à nos concitoyens », a insisté Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale.