La Commission des sanctions de l'Autorité des marchés financiers a infligé mardi une amende record de 93 millions d'euros à la société de gestion d'actifs H2O et ses deux fondateurs pour violation des règles de protection de l'intérêt des investisseurs.

L'amende s'élève à 75 millions d'euros pour H2O auxquels s'ajoutent 15 millions d'euros pour Bruno Crastes et 3 millions d'euros pour Vincent Chailley, conformément aux réquisitions prises lors d'une séance publique fin novembre. La commission a souligné « le préjudice subi par les investisseurs résultant en particulier du blocage de leur épargne » et de « la gravité des manquements ».

Bruno Crastes, directeur général au moment des faits, a également interdiction d'exercer pendant 5 ans l'activité de gérant, alors que H2O et Vincent Chailley, alors directeur des investissements, ont reçu un blâme.

La commission des sanctions a retenu l'ensemble des griefs reprochés à H2O dans le cadre de ses investissements dans des titres financiers du groupe Tennor, liés à l'homme d'affaires allemand controversé Lars Windhorst.

« Défaut de liquidité »

Pendant plus de trois ans, jusqu'à la suspension des fonds concernés d'H2O en août 2020, la société a acquis des titres correspondant à de la dette privée Tennor pour 2,25 milliards d'euros.

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L'AMF a notamment pointé « le défaut de liquidité » de ces instruments, le fait qu'ils « n'entraient pas dans le cadre de la politique d'investissement fixée par les prospectus des fonds » et le fait que H2O ne disposait pas « d'informations suffisantes » pour investir « de manière fiable ».

H2O a annoncé mardi, avant la publication de la sanction, qu'elle allait rembourser « dans les prochains jours » une première partie des fonds bloqués. Ceux-ci avaient été souscrits par des milliers d'épargnants, essentiellement français.