« Avec la crise des Gilets jaunes, de nombreux ménages ont reporté des achats en particulier durables, ce qui a conduit à augmenter la poche dépargne de précaution. » Voilà comment léconomiste Philippe Crevel, directeur du Cercle de lépargne, analyse lévolution des placements financiers des Français lors du 1er semestre 2019. La Banque de France a dévoilé son étude trimestrielle sur lépargne des ménages, avec à la clé un nouveau record de « collecte nette » pour la catégorie « numéraire et dépôts à vue », pour simplifier le liquide et les comptes courants : 20,3 milliards deuros de flux positifs entre janvier et mars ! Un score exceptionnellement élevé, comparable aux trois premiers mois de lannée 2017, quand les comptes courants battaient déjà des records de collecte.
Le rythme sest adouci lors du 2e trimestre 2019, avec « seulement » 8,5 milliards deuros de flux positifs en numéraire et dépôts à vue. Ce qui porte tout de même la « collecte nette » des « liquidités » des Français à près de 29 milliards deuros en l'espace de 6 mois ! Dans le même temps, les placements réalisés sur les produits dépargne bancaires (livrets réglementés, livrets bancaires, épargne-logement ) natteignent « que » 23 milliards deuros. « Les ménages continuent à placer leur argent sur ces produits malgré leur faible taux de rendement », observe Philippe Crevel, en faisant référence au taux de 0,75% pour le Livret A ou le LDDS, par exemple. « Au regard de la situation du marché monétaire, il faut néanmoins relativiser la faiblesse de ces rendements. En effet, sans leur fixation réglementée, ils devraient être nuls voire négatifs. En effet, le taux des obligations d'Etat à 10 ans était, mi-août, inférieur à 0,4%. »
Les Français se détournent des actions
La collecte positive des comptes courants, livrets et plans dépargne bancaires se fait, notamment au détriment des investissements risqués. Au 1er trimestre 2019, les ménages ont retiré 4,3 milliards deuros des fonds dinvestissement en actions (organismes de placement collectifs, OPC), et 2 milliards deuros des actions cotées. « Cette décollecte s'explique par les mauvais résultats des cours boursiers à la fin de lannée 2018 », observe Philippe Crevel. Lassurance vie reste elle une valeur sûre, avec une collecte qui se maintient dans le vert, notamment grâce à la garantie en capital des fonds en euros.

















