« M. R. » achète « 14 039 obligations au taux dintérêt annuel de 3,5% », auprès de sa banque, en septembre 2005. Cet investisseur débourse pour cela 14 299,42 euros, et il choisit alors de miser sur un placement dont léchéance de remboursement est fixée 12 ans plus tard.
12 ans plus tard, donc, en septembre 2017 : « M. R. » sétonne de ne percevoir, comme remboursement à léchéance, que 14 039 euros. Dune part parce quil avait acheté ces obligations plus chères, et parce que la valeur de ces obligations était supérieure la veille du remboursement
Saisie, le médiateur de lAMF, Marielle Cohen-Branche, na toutefois pas donné raison à « M. R. » dans son litige avec sa banque, comme elle lexplique en ce début avril sur son « tableau de bord ». En effet, elle a estimé que le déroulé de lopération respectait bien les conditions inscrites dans le prospectus de lémission dobligations. En loccurrence, lémission était annoncée comme « au-dessus du pair ».
Linvestisseur a perçu des coupons chaque année
Le « pair » est la valeur nominale, ou faciale, de lobligation. Dans le cas de « M. R. », la valeur nominale de lobligation était de 1 euro. Mais le prix démission était conformément à ce qui était annoncé dans le prospectus « au-dessus du pair » : 1,01855 euro par obligation. Et le remboursement a été effectué « au pair », à la valeur dun euro par obligation.
Si « M. R. » a estimé être lésé par ce fonctionnement, Marielle Cohen-Branche estime que les conditions dachat et de remboursement étaient clairement renseignées dans le document remis avant linvestissement à lépargnant. Elle rappelle en outre que « M. R. » a touché pendant toute la durée de détention des coupons à hauteur de 3,5% dintérêts annuels, soit plus de 491 euros bruts chaque année. Par ailleurs, elle rappelle que « la garantie dêtre remboursé « au pair » ne se réalise quà la date déchéance » : « Le souscripteur demeure en effet toujours libre de céder ses obligations en bourse, mais supporte dans ce cas un aléa, celui du marché. »


















