Les clients patrimoniaux restent attachés aux services dispensés par les banques privées. Concernant la gestion de leur épargne, ils semblent un peu plus hermétiques au digital que l’ensemble des épargnants.

L’émergence des plateformes d’épargne en ligne, qui tendent à démocratiser la gestion sous mandat, aurait pu étioler l’intérêt des ménages patrimoniaux pour les banques privées. Au regard de l’observatoire 2018 dédié à ces acteurs, commandé par Swiss Life Banque Privée (1), ce n’est pas encore le cas. Au contraire, les motivations de cette clientèle semblent se renforcer. Ainsi, cette année, 57% d’entre eux expliquent avoir choisi une banque privée dans le but de « disposer d’une qualité de service personnalisé », contre 48% des sondés en 2017.

Pouvoir « bénéficier de conseils patrimoniaux et fiscaux » arrive en seconde position, cité par 49% des interviewés. Cette motivation perd toutefois 7 points par rapport à l’année passée. En revanche, à 34% en 2018, les clients aisés sont plus nombreux à justifier leur choix par le rapport rendement-risque obtenu. Cet argument était avancé par environ un quart des sondés seulement lors de la précédente édition de l’observatoire.

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Les banques privées mieux perçues que leurs homologues grand public

Ces attentes, les banques privées semblent déjà les satisfaire en partie. En effet, 73% de leur clientèle estiment que ces établissements bancaires délivrent effectivement un service personnalisé et plus d’un client sur deux qu’ils offrent un rendement satisfaisant. De plus, les patrimoniaux s’accordent sur le fait que les banques privées sont plus aptes à répondre à leurs besoins que les banques de détail « classiques ». Ils sont par exemple 68% à penser que les établissements privés délivrent une meilleure assistance en matière d’organisation patrimoniale et fiscale.

En revanche, les clients aisés jugent majoritairement que ces derniers facturent trop cher leurs prestations. 8 sondés sur 10 estiment en effet que les banques privées sont coûteuses en abonnement et cotisations, et seulement 37% jugent qu’elles sont transparentes sur le prix de leurs services.

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Des attentes digitales moins fortes

Les épargnants de banques privées sont, en outre, en attente de services à distance mais moins massivement que les clients d’établissements moins haut de gamme. Six sondés sur 10 attendent de leur banque de pouvoir effectuer des opérations depuis leur espace personnel, 52% souhaitent pouvoir contacter leur conseiller en ligne, mais seuls 33% d'entre eux estiment avoir besoin d’un agrégateur de comptes. C’est 6 points de moins qu’en 2017.

Quant aux modes d’interaction avec leurs conseillers, les habitudes des clients patrimoniaux restent des plus classiques. 81% indiquent ainsi avoir eu, au cours des 12 derniers mois, un échange par mail avec leur banque privée, dont 49% plus de 3 fois. 71% se sont entretenus avec leur conseiller banque privée par téléphone. Et, 70% ont échangé au moins une fois par courrier postal, contre 67% en 2017. Le rendez-vous physique perd, lui, 9 points, mais reste très courant : 68% des sondés ont échangé de visu avec leur conseiller.

(1) Sondage réalisé par Opinion Way du 28 avril au 3 mai 2018 par questionnaire auto-administré en ligne. Il se base sur un échantillon de 303 individus représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, appartenant au top 5 foyers en termes de revenus (revenus annuels nets supérieurs ou égaux à 72 000 €). Cet échantillon est composé de 124 clients de banque privée et de 179 prospects. En complément, un suréchantillon a été réalisé auprès de la population des clients de banque privée afin d’aboutir à un nombre global de 246 clients de banque privée.