Afin de favoriser lessor du crowdfunding et lémergence de plateformes denvergure européenne, la Commission souhaite créer un passeport européen pour les acteurs spécialisés dans le prêt (crowdlending) ou le financement de titres financiers (crowd equity). Il ne se substituera pas aux législations nationales mais facilitera lexpansion européenne des plateformes. Régulées par lAutorité européenne des marchés financiers (ESMA), elles devront en contrepartie respecter un certain nombre de règles, notamment en termes de sécurité des données.
Le régulateur français soutient un tel cadre européen. Dans sa réponse adressée le 9 mai dernier à la Commission européenne, lAMF juge en effet que « La proposition de règlement européen sinscrit dans le cadre de lUnion des marchés de capitaux afin de contribuer à élargir laccès au financement des entreprises innovantes, start-ups et PME non cotées ».
Un plafond à 1 million deuros jugé trop bas
Cependant, lautorité émet une réserve concernant la proposition actuelle. Cette dernière fixe la levée de fonds pour un projet à 1 million deuros maximum sur 12 mois. Un plafond jugé insuffisant par lAMF pour permettre de « créer un réel règlement attractif » pour les plateformes de crowdfunding. De plus, le régulateur souligne son non-adéquation avec les réglementations nationales déjà en vigueur. « En France, comme dans dautres états membres, un plafond supérieur à 1 million deuros est mis en place », souligne lAMF. « Il serait par conséquent paradoxal quune offre de crowdfunding faite uniquement en France, dans le cadre de son régime national, puisse lever plus qu'une offre de crowdfunding qui serait faite dans toute l'Union européenne », poursuit-elle.
A léchelle nationale et sur un sujet semblable, lAMF vient davoir gain de cause. Alors que le ministère de lEconomie souhaitait relever à 5 millions deuros les levées de fonds en titres financiers, contre 2,5 millions deuros jusqualors, lAutorité plaidait pour un plafond fixé à 8 millions deuros. La semaine dernière, lors du salon VivaTech, Mounir Mahjoubi, secrétaire dEtat au numérique a confirmé le seuil proposé par lAMF.














