Xavier Collot, selon les dernières statistiques de la Dares, qui portent sur 2014, seule la moitié des salariés couverts possède un plan dépargne salariale. Comment lexpliquez-vous ?
Xavier Collot : « Cest un vrai sujet, sur lequel nous nous penchons actuellement au sein de lAFG (1). Les salariés nont pas toujours conscience que leur employeur leur met à disposition des outils dépargne. Il faut faire uvre de pédagogie. La semaine de lépargne salariale, dont la première édition sest déroulée fin mars, a été lancée dans cette optique. Pour rappel, en 2017, nous fêtons les 50 ans du concept de partage des profits, lancé en août 1967 sous De Gaulle. »
Mais pourquoi les salariés nen profitent pas ?
« Beaucoup de salariés ne savent tout simplement pas quils ont accès à lépargne salariale ! »
X.C. : « Il sagit en partie dun problème de communication. Ces dispositifs ne sont pas toujours valorisés dans lentreprise. A nous de simplifier, déviter un langage financier trop repoussant, afin que le message passe mieux dans les entreprises. Les baromètres que nous réalisons régulièrement nous permettent de dresser un constat : pour les salariés, lentreprise est un véritable tiers de confiance ! La priorité est donc que le message y passe bien. Pour cela, nous mettons plus de moyens de communication à leur disposition, à limage du simulateur retraite que nous venons de lancer, car beaucoup de salariés ne savent tout simplement pas quils ont accès à lépargne salariale ! »
Les 9 millions de salariés cités par la Dares reçoivent pourtant un bulletin doption, pour savoir sils placent leur participation ou leur intéressement, ou sils choisissent de le percevoir directement
X.C. : « Oui, mais il ne faut pas oublier quun changement dampleur a eu lieu en 2008, sous Sarkozy : les salariés peuvent choisir de percevoir directement leur participation. Auparavant, cette somme était directement placée et bloquée pour 5 ans. Désormais, de nombreux salariés voient la participation comme lintéressement comme de lépargne disponible, ou comme un complément de salaire. »
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Songez-vous, au sein dAmundi comme au sein de lAFG, à faire pression auprès du législateur pour limiter les cas de déblocage anticipés ?
X.C. : « Nous souhaitons encourager lépargne longue. Fin mars, dans le cadre du débat présidentiel, lAFG a formulé plusieurs propositions pour favoriser linvestissement à long terme, parmi lesquelles baisser le forfait social pour les employeurs et, pour les salariés, généraliser laccès au Perco dans les entreprises. Il me semble important de favoriser lépargne retraite, dautant que le Conseil dorientation des retraites (COR) a annoncé que léquilibre du système ne serait pas atteint avant 2040. »
La loi Macron, adoptée en 2015, était censée améliorer et simplifier les dispositifs dépargne salariale. Constatez-vous des retombées ?
La loi Macron, « cest une vraie bonne évolution ! »
X.C. : « Les principales mesures ont été mises en uvre en 2016. Il ne sagit pas dune révolution mais cest une vraie bonne évolution ! Le forfait social a baissé, sous condition, sur certains supports dinvestissement. Lintéressement est désormais versé par défaut sur un Plan dépargne entreprise (PEE). Ces mesures, et toutes les autres contenues dans la loi Macron, ont permis de collecter un milliard deuros en plus selon les données de la place. Le ''Perco plus'' a lui démarré doucement mais il devrait progresser dici la fin de lannée. »
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Le médiateur de lAMF souligne régulièrement les cas litigieux de plans dépargne salariale rognés par les frais au départ de lentreprise. Un sujet particulièrement délicat pour le Perco
X.C. : « Nous, et lensemble de la profession, via lAFG, avons dexcellentes relations avec le médiateur de lAMF. Nous avons convenu que les frais à charge du porteur doivent être affichés en évidence sur le site, dans lespace personnel. Amundi le faisait déjà auparavant mais cette pratique doit se généraliser dans la profession. Concernant le Perco, il serait dommage de le fermer parce que le salarié ny a plus accès dans sa nouvelle entreprise Nous suggérons donc de fixer un seuil, en montant, en-deçà duquel il ne sera plus possible de percevoir des frais sur les Perco dans ce type de situation. Cela permettra déviter que les frais assèchent un petit plan après le départ de lentreprise. Nous allons plutôt vers un consensus sur ce point au sein de la profession. »
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(1) L'Association française de la gestion financière (AFG) regroupe les sociétés de gestion d'actifs pour compte de tiers.



















