Il faut sauver le PEA-PME. Voici, en grossissant le trait, le propos des parlementaires depuis plusieurs mois, à chaque fois quun texte ou un amendement concerne ce produit. Dans leur rapport dinformation sur linvestissement productif de long terme, déposé le 16 septembre à l'Assemblée nationale, les députés Christophe Caresche (PS) et Olivier Carré (Les Républicains) évoquent à nouveau des résultats « décevants ». Un jugement partagé par « plusieurs personnes auditionnées » dans le cadre de leur rapport, parmi lesquelles des responsables de lAutorité des marchés financiers ou de lassociation PME Finance, à lorigine de la création de ce produit dépargne.
Les statistiques sur le PEA-PME se font toujours aussi rares. Les auteurs citent ainsi les récentes collectes positives des fonds éligibles au PEA-PME, mais celles-ci noffrent quune vue partielle puisquelles ne concernent pas le produit en lui-même. Dans ce rapport, le nombre de PEA-PME est à nouveau estimé à 80.000 PEA-PME, pour un encours moyen à environ 3.500 euros. Or il sagit dune statistique qui date d'un an. Depuis, aucune étude spécifique au PEA-PME na été dévoilée.
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Depuis, le gouvernement a promis d'uvrer à la relance du PEA-PME. Sans plus de précision. Les deux députés avancent donc leurs propositions.
Elargir le champ des titres éligibles
« Nous ne proposons pas de modifier lavantage fiscal, mais nous aimerions que des titres qui ne sont pas actuellement éligibles à ce produit comme les bons de souscription dactions [ou stock-options, NDLR] et les droits préférentiels de souscription le deviennent », a détaillé Christophe Caresche lors de lexamen du rapport en commission des Finances.
Les deux députés veulent aussi « assouplir les règles » déligibilité des fonds (OPCVM) dans le cadre du PEA-PME. Actuellement, les fonds en question doivent posséder au minimum 75% de titres dentreprises éligibles, dont les deux tiers sont des actions de ces mêmes sociétés. Les auteurs recommandent « que le ratio de 75% soit abandonné ». Ils n'apportent toutefois pas plus de précisions sur les modalités de leur mesure, ce qui ne permet pas de savoir s'ils comptent disposer de fonds avec 100% de titres éligibles dont deux tiers d'actions, ou de fonds avec uniquement deux tiers d'actions d'entreprises éligibles. Ils ajoutent juste que leur objectif est de concentrer « le dispositif sur la détention de titre de capital ». Pour rappel, il est aussi possible de détenir des titres de PME ou ETI éligibles en direct.
Une incitation fiscale
Olivier Carré et Christophe Caresche appellent enfin de leurs vux une incitation fiscale ciblée et ponctuelle, « pendant six mois ». Elle viserait les OPCVM de trésorerie qualifiés de « dormants » par les auteurs, c'est-à-dire « dont le montant des plus-values latentes [profits potentiels mais pas encore effectifs, en attente de la vente des actifs, NDLR] dissuade tout détenteur de les liquider ». Les députés proposent dexonérer ces plus-values dimpôt « si elles sont réinvesties dans un PEA-PME ». Lobjectif serait « dobtenir un flux de liquidités qui aiderait au décollage » du dispositif.
Le coût fiscal de cette mesure serait « faible » selon les auteurs, et celui de lélargissement à certains titres financiers serait « très négligeable », de 5 à 15 millions deuros pour le budget de lEtat.
Le gouvernement est resté flou sur la relance
En avril dernier, le Premier ministre avait listé la relance du PEA-PME parmi ses « mesures pour une accélération de linvestissement et de lactivité ». Dans le document détaillant ces mesures, il était uniquement indiqué que les « contraintes pesant sur lactif du PEA-PME ( ) seront allégées ». En juillet, Michel Sapin avait lui intégré la « dynamisation » du PEA-PME parmi ses priorités pour la Place de Paris. Selon le ministre des Finances, des travaux à ce propos doivent être « menés à leur terme » dici « la fin de lannée ».
Si le gouvernement nintègre aucune mesure concernant le PEA-PME dans le projet de loi de finances pour 2016, les parlementaires ne devraient pas se priver de porter leurs propositions par la voie damendements.















