Laure de La Raudière met en avant le cas de certains contribuables, qui doivent « au-delà du prélèvement à la source de 24%, régler le montant dimpôt restant au moyen de fonds non issus du PEL ». « Outre le fait dimposer un revenu non disponible », poursuit-elle, « ce procédé dimposition pourrait inciter les épargnants à clôturer leur plan épargne logement à brève échéance ». Doù sa question : « Le gouvernement réfléchit[-il] à un règlement alternatif de limpôt sur les intérêts du PEL [ ] » ?
En effet, depuis la loi de finances pour 2006, les intérêts des PEL sont imposables à compter de leur 12e anniversaire, chaque année au moment de linscription en compte. Un changement destiné à rééquilibrer le « régime fiscal des PEL par rapport aux produits dépargne », rappelle le ministère des Finances dans sa réponse. « En effet, les PEL ont une durée contractuelle maximale, fixée en règle générale à dix ans. Au-delà de cette échéance, l'accession à la propriété qui justifiait l'ouverture du plan n'est plus l'objectif recherché par l'épargnant qui utilise alors son plan comme un produit d'épargne classique. »
Lire à ce propos : La fiscalité du PEL
Traités fiscalement comme les autres produits de placement à taux fixe, ces PEL sont également concernés par lalignement de la fiscalité des revenus du capital sur celle des revenus du travail, mis en uvre par la loi de finances pour 2013. Pour mémoire, cette réforme a signé la fin du prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) et soumet les revenus tirés de produits de placement à taux fixe au barème progressif de limpôt sur le revenu, après prélèvement à la source dun acompte fiscal de 24%, sauf cas particulier de dispense.
Cet acompte est ensuite déduit du montant des impôts de lannée suivante. Les contribuables dont le taux marginal dimposition est de 0 ou 14% en obtiennent le remboursement total ou partiel. Les autres, au TMI de 30, 41 ou 45% - ceux qui en l'occurrence intéressent Laure de La Rauvière - doivent au contraire payer le complément. Seuls les contribuables déclarant des intérêts annuels inférieurs à 2.000 euros peuvent, sils le souhaitent, opter pour une imposition forfaitaire de 24%.
Toutefois, à la différence des livrets dépargne notamment, le PEL impose le blocage des sommes versées et des intérêts capitalisés, qui ne peuvent être récupérés quen clôturant le compte. Est-il légitime dans ce cas, comme le souligne Laure de La Raudière, de prélever, au fil de leau, limpôt dû sur des revenus non disponibles immédiatement ? Sur ce point, la réponse ministérielle botte en touche.














