Boursorama a dévoilé ce mardi les performances 2013 de ses contrats d’assurance-vie en gestion pilotée. Conclusion : le fait de parier fortement sur la Bourse a permis d’atteindre des rendements supérieurs à 10%, un niveau cependant inférieur aux 18% du CAC 40. Explications.

La filiale de la Société Générale fait partie des quelques distributeurs d’assurance-vie en ligne à proposer la gestion pilotée à ses clients. Sous réserve de disposer d’un minimum de 1.000 euros sur leur contrat au moment de la souscription à ce mode de gestion, les clients peuvent mandater une société spécialisée, Edmond de Rothschild Asset Management, pour arbitrer entre les différentes unités de compte, selon les aléas du marché.

Quatre options sont proposées : mandat défensif, équilibré, dynamique ou offensif. Selon les informations mises à jour au 31 décembre 2013 sur le site web de Boursorama, avec le mandat défensif, 45% du portefeuille est actuellement investi sur le fonds en euros Eurossima, 30% sur des obligations et des OPCVM (1) monétaires, 25% sur des actions. A contrario, avec le profil offensif, 100% de l’investissement est actuellement placé sur le marché actions.

L’option dynamique plus rentable que l’offensive en 2013

Pour quels résultats ? Logiquement, l’option défensive, moins risquée puisque massivement investie sur le fonds en euros, à capital garanti, reste la moins rentable en 2013 avec un rendement de 6,7%. Ce qui reste toutefois largement supérieur à la performance du fonds Eurossima, géré par E-cie vie, filiale de Generali : 3,35% en 2013.

Plus surprenant, les trois autres options ont réalisé des performances assez similaires alors que la part d’actions varie de 50% à 100%. Le contrat Boursorama Vie affiche ainsi un rendement de 10,2% sous mandat équilibré, de 11,8% en mode dynamique et de 9,2% en offensif. Encore plus surprenant, alors que le CAC 40 a gagné 18% en 2013, l’option offensive, avec actuellement 100% de l’investissement en actions, a réalisé une performance moindre aux options dynamique et équilibrée. Le meilleur score a été réalisé en 2013 par le mandat dynamique, qui propose selon Boursorama un portefeuille de 75% d’actions, pour 25% de « produits de taux », dont une majeure partie investie sur le fonds garanti Eurossima.

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Une performance plombée par un indice pays émergents

Comment expliquer un écart de 2,6 points de rendement entre les deux options les plus risquées ? Pas par les supports accessibles puisque le vivier est le même pour toutes les options dans le cadre de la gestion pilotée. La différence provient plutôt des arbitrages réalisés entre ces différentes unités de compte.

La ligne de conduite choisie par Boursorama et Edmond de Rothschild Asset Management vise en effet à « surperformer » un indice de référence indexé à 50% sur l’indice MSCI World, en hausse de 23% en 2013, et à 50% sur l’indice MSCI Emerging Markets, en baisse de 2,6% sur la même période. Si l’indice pays émergents a parfois pu offrir des performances exceptionnelles, comme en 2009 (+78%), il s’avère très inconstant, avec des baisses comparables. Or le mandat dynamique ne cherche pas à suivre les performances de cet indice très instable, basant plutôt ses choix sur un mélange composite comprenant l’indice MSCI World, un deuxième indice équivalent mais axé sur l’Europe et le TEC 5 (2).

Conclusion : même en cas de dynamique boursière favorable, l’option la plus risquée n’est pas nécessairement la plus rentable. Mais à la vue de la volatilité des actions pays émergents, cette tendance pourrait rapidement s’inverser. Ainsi, depuis le 1er octobre 2009, Boursorama annonce un rendement cumulé de 40,7% pour le mandat offensif, hors frais de gestion du contrat d’assurance-vie, contre 38% pour le dynamique. Mais comme toujours, « les performances passées ne présagent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps ».

(1) Organisme de placement collectif en valeurs mobilières.

(2) Cet indice représente le taux moyen des emprunts d’Etats français de maturité 5 ans.