Etes-vous satisfaits des résultats 2013 de Distingo pour son année de lancement ?
« Sur 10 mois, lobjectif initial de 400 millions deuros de dépôts a été largement dépassé puisque nous avons fini lannée à 955 millions deuros dencours, pour 25.141 livrets Distingo. Cest très positif. Nous sommes dautant plus satisfaits que nous navons pas réalisé de campagne promotionnelle au dernier trimestre 2013. »
Fin 2013, sans taux promotionnel, avez-vous autant attiré quauparavant ?
« Non, il y a eu comme nous nous y attendions une décollecte. Nous étions montés bien au-delà de 950 millions dencours avant ce dernier trimestre. Nous avons perdu quelques clients, qui recherchaient des taux promotionnels (1). Mais nous avons réussi à fidéliser lessentiel de la clientèle. »
Quelle est la proportion dépargnants uniquement à l'affût des promotions parmi vos clients ?
« Cest difficile à chiffrer précisément mais nous disposons de quelques études marketing nous montrant qua priori, par rapport à la concurrence, cette proportion est moindre chez PSA Banque. Certains acteurs parlent de 25%, dautres de 50%. Nous nous situons entre les deux mais plutôt dans la fourchette basse. »
Allez-vous revoir vos objectifs (2) à la hausse suite à ces résultats 2013 ?
« Nous navons pas créé une activité épargne pour conquérir un maximum de clients mais pour diversifier nos sources de financement. Cela répond à un besoin : financer lactivité de crédit que nous proposons aux marques Peugeot et Citroën ainsi quà nos concessionnaires et à leurs clients. »
En 2013, Distingo a affiché un taux promotionnel à plusieurs reprises sauf au dernier trimestre. En 2014, doit-on sattendre au même schéma ?
« Nous adaptons notre offre à nos besoins. Nous affichons actuellement un taux promo de 5%, pour marquer le territoire en début dannée. Nous verrons ensuite en cours dannée en fonction des besoins de financement au sein du groupe. »
Votre taux de base, 2,20%, est actuellement le plus haut du marché. Risquez-vous de labaisser ?
« Nous nexcluons aucune hypothèse, cependant, nous nagissons pas par rapport au taux du Livret A mais par rapport à ceux de nos concurrents. Or une grande partie dentre eux ont baissé leur taux de base dernièrement, de 0,1 ou 0,2 point tous les 3-4 mois. Il est possible que nous suivions la tendance. Cependant, le fait davoir un taux de base plus haut que la moyenne nous a probablement aidés à fidéliser nos clients, même sans taux promo à la fin de lannée 2013. »
Le fait de proposer un taux de base supérieur à la concurrence a donc un intérêt
« Pour linstant, cela nous a bien servis. Je ne dis pas que nous allons reconduire cette stratégie à lidentique en 2014. Mais sil y a un changement, nous préviendrons nos clients 15 jours ou un mois à lavance. »
Vous allez lancer un compte à terme en 2014. Pourtant, votre concurrent RCI Banque n'a enregistré que 335 ouvertures pour son compte Pepito en 2013
« Nous cherchons à élargir notre palette de produits. Certains clients cherchent à placer de largent à moyen terme, sur 2 à 5 années, sans entrer dans une logique à plus long terme comme avec lassurance-vie. Nous nous sommes fixés des objectifs plus particulièrement ambitieux pour lAllemagne qui dispose dun réel potentiel. Le taux de rémunération ? Nous devrions nous aligner sur les standards du marché. »
Mais pourquoi lancer un produit en sachant quil nattirera pas les foules ?
« Une fois que vous avez développé le module informatique, vous pouvez le réutiliser [rires]. »
Un compte à terme, un développement en Allemagne comme RCI Banque, filiale de Renault, en 2013. Son directeur commercial Philippe Buros a parlé de « copier-coller ». Votre réponse ?
« Jai aussi vu leur publicité, avec le slogan « Aucune copie ne vaut loriginal ». Il ny a pas de polémique : le groupe Renault na pas été le premier à lancer une activité épargne mais il la lancée avant nous. »
Au rayon publicitaire, vous développez le concept déconomie réelle. Cette communication permet-elle de soigner limage des marques Peugeot et Citroën, avec lidée de soutien à lindustrie française ?
« Nous recherchons en effet à nous démarquer de laspect spéculatif des placements financiers. Cest bien pour cela que nous avons misé sur ce concept déconomie réelle : largent épargné a de la valeur, il permet de soutenir les clients des deux marques (NDLR : en leur proposant un crédit), et donc léconomie locale et nationale. »
(1) Pour bénéficier des différents taux promotionnels de Distingo, en 2013, il fallait conserver le livret jusquau 31 décembre. Cela nempêche pas le phénomène de décollecte : un particulier ayant ouvert un livret dans lunique but de bénéficier dun taux promotionnel courant 2013 a ensuite pu retirer la majeure partie de son épargne de PSA Banque, conservant un faible encours sur Distingo jusquà la fin de lannée.
(2) PSA Banque vise un encours dépargne représentant 15 et 20% de lencours de crédits de la filiale financière du groupe Peaugeot-Citroën, Banque PSA Finance, en 2015. Ce qui revient, pour lépargne, en se basant sur les résultats 2013 de PSA Banque, au triple ou au quadruple de lencours de 955 millions deuros communiqué en ce début 2014.














