Il y a un an, la filiale française de la banque russe VTB débarquait sur le marché de l'épargne en ligne avec une offre de comptes à terme très agressive. A-t-elle trouvé son public ? L'expérience va-t-elle être poursuivie ? Nous avons posé la question à Christophe Mathieu, responsable Banque Directe chez VTB Bank France.

Christophe Mathieu, un an après le lancement de votre offre de comptes à terme, quel premier bilan tirez-vous de cette expérience ?

Nous avons été plus qu'agréablement surpris par l'accueil des clients français. VTB Bank était un nouvel acteur, peu connu, spécialisé sur un produit également peu connu. Nos ambitions étaient donc mesurées. Mais le succès a dépassé nos attentes (1).

Ce succès vous donne-t-il des idées ? Avez-vous le projet de diversifier votre offre ?

Non, nous n'avons pas pour ambition de devenir une banque universelle. Nous restons un acteur de niche. Nous allons travailler à améliorer notre offre plutôt qu'à la diversifier. Mais une chose est sûre : nous allons prolonger l'expérience.

Quelle sont les pistes d'amélioration ?

En terme de rendement, il sera difficile de faire mieux, les taux d'intérêt que nous proposons étant déjà très élevés. Mais nous allons travailler sur la fidélisation de notre clientèle, et sur l'accessibilité de notre offre. Le compte à terme est un produit engageant, qui implique de bloquer son épargne pendant un certain temps. Une piste possible est de rendre notre offre plus flexible de ce point de vue. L'objectif est de rassurer le client, de trouver un juste milieu.

Etes-vous tenté par le marché des livrets bancaires ?

Non. C'est un marché déjà très développé en France, avec des acteurs importants qui ont de gros moyens. Il est plus facile pour nous d'être audible sur un marché plus spécifique. Sur le compte à terme, nous sentons également la concurrence, mais cela reste à notre portée.

Avez-vous la sensation que votre arrivée a fait bouger le marché français du compte à terme ?

Oui, nous avons vu une réaction de la concurrence. Plutôt du côté des banques traditionnelles, d'ailleurs, que des banques en ligne. En France, le compte à terme était un produit mal vendu, un peu poussiéreux. Plus personne n'y croyait vraiment. Nous, nous considérions qu'il n'y avait pas de raison que quelque chose qui marche à l'étranger ne marche pas en France, et nous avons tenté le coup.

Le contexte économique joue également en faveur du compte à terme...

Oui, il y a sans doute un effet conjoncturel. Dans l'environnement économique actuel, les banques ont besoin d'améliorer leur ratio de liquidité. Le compte à terme répond bien à ce besoin, puisqu'il permet une certaine stabilité des dépôts. Il s'accorde bien, également, avec le besoin de sécurité des clients. Il y a donc un attrait pour le produit, qui a permis au marché de se réveiller.

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Quel est le profil-type de votre clientèle ?

Nous touchons le profil habituel de l'épargnant : des personnes dotées d'une forte capacité d'épargne, qui ont fait le tour des produits d'épargne réglementée et ont besoin d'un produit de complément. Des personnes aussi, qui préparent leur retraite, mais qui veulent une certaine liquidité. Le compte à terme leur offre la possibilité de bloquer leur épargne sur des durées plus courtes que l'assurance-vie.

Quel va être, selon vous, l'impact de l'alourdissement de la fiscalité sur l'épargne, décidé dans le cadre des plans de rigueur ?

Cela nous impacte, forcément, mais au même titre que nos concurrents. Les gagnants dans l'histoire seront forcément les produits réglementés et défiscalisés. Mais de toute façon, nos clients ont pour la plupart déjà fait le tour de ces produits...

(1) Christophe Mathieu n'a pas souhaité nous communiquer de chiffres.