4,8% du capital des entreprises du CAC 40 est détenu...Par leurs salariés. C'est ce que relève la dernière enquête de la Fédération de l'actionnariat salarié (FAS). Cette progression record est toutefois en partie liée à l'entrée d'Eiffage, dont près d'un quart du capital (24,9%) est détenu par les salariés. Corrigée de cet effet, la hausse reste limitée à 0,1 point, rapporte Les Échos. Hors CAC 40, les salariés détiennent environ 2% du capital des entreprises du SBF 120.
L'actionnariat salarié continue de progresser grâce à des conditions attractives : 20% de décote moyenne sur le prix des actions, 1 155 euros d'abondement moyen de l'employeur en 2025 (+120 euros sur un an) et une fiscalité avantageuse après cinq ans de détention. Dans deux tiers des cas, les souscriptions sont réalisées à partir de l'intéressement ou de la participation.
En plaçant ces primes sur un Plan épargne entreprise (PEE), le salarié accepte que la somme soit bloquée 5 ans (sauf cas de déblocage anticipé). Après ces cinq ans, les sommes retirées sont exonérées d'impôt sur le revenu, mais les plus-values sont soumises aux prélèvements sociaux.
Une tendance confirmée par l'Observatoire Amundi de l'actionnariat salarié, publié en juin. Selon cette étude, les souscriptions ont atteint un record de 4,4 milliards d'euros en 2025 et le montant moyen investi par salarié a également franchi un sommet, à plus de 5 300 euros. Les versements volontaires représentent désormais 46% des montants souscrits.
Par ailleurs le nombre de salariés actionnaires progresse dans six entreprises sur dix depuis trois ans. La FAS vise à terme 10% du capital détenu par les salariés dans les sociétés cotées, un seuil déjà atteint par Eiffage, Bouygues, Vinci et TotalEnergies.
12 ans de détention
L'actionnariat salarié s'inscrit dans la durée. En effet, la période moyenne de détention dépasse 12 ans et le taux de souscription atteint 50% en France. Une partie de cette épargne est même conservée après le départ à la retraite, notamment pour financer une éventuelle perte d'autonomie.
Mais tous les salariés du privé ne peuvent pas bénéficier de l'actionnariat salarié : les PME, par exemple, le proposent très peu. Elles s'y intéressent toutefois de plus en plus. Toujours selon la FAS, 62% des petites et moyennes entreprises envisageraient d'ouvrir leur capital aux salariés en 2026.


















