La France, l'Allemagne ou encore le Royaume-Uni, se retrouvent menacés de nouvelles surtaxes douanières de 10% sur leurs exportations aux Etats-Unis.

Les Européens préparent des contre-mesures pour répondre à ce « chantage », a dit lundi le ministre allemand de l'Economie, évoquant le gel de l'accord douanier américano-européen ou encore l'entrée en vigueur de taxes sur des produits américains importés.

Si la menace américaine se matérialise, « cela suggère une nouvelle phase dans les guerres commerciales des États-Unis, où des surtaxes seraient appliquées de manière aléatoire pour permettre au président d'exercer une pression économique afin d'obtenir ce qu'il veut », « une évolution dangereuse pour l'économie mondiale », constate Kathleen Brooks, analyste chez XTB.

4690 dollars pour l'once d'or

Valeur refuge prisée en temps d'incertitudes, l'or a grimpé lundi jusqu'à 4.690,59 dollars pour une once, et continuait vers 10H10 GMT (11H10 à Paris) de gagner 1,58% par rapport à sa clôture de vendredi, à 4.668,70 dollars.

L'argent a aussi touché un nouveau sommet lundi, à 94,1213 dollars l'once.

D'après Mme Brooks, « une rupture des relations transatlantiques » aurait aussi des « répercussions économiques et politiques », et « si Trump se retire de l'Otan, il sera beaucoup plus difficile pour l'Europe de contenir la Russie », une incertitude qui « pourrait peser sur l'investissement sur le continent ».

Combinés à d'autres facteurs, comme les menaces sur l'indépendance de la Réserve fédérale, ces développements pourraient pousser « les investisseurs internationaux à vendre des actifs américains ou à réduire leur exposition au dollar », souligne Derek Halpenny, de MUFG.

Le billet vert reculait de 0,24% par rapport à l'euro, à 1,1627 dollar, et perdait 0,52% contre la devise helvétique, considérée comme une valeur refuge, à 0,7988 franc suisse pour un dollar.

Jugés plus volatils, le bitcoin ou encore les actions boursières font aussi grise mine lundi.

A ce stade, « l'ampleur de la réaction semble modeste », tempère cependant Patrick Munnelly, de Tickmill, ce qui « pourrait être en partie attribué au jour férié américain commémorant Martin Luther King » lundi, ou « refléter la difficulté qu'éprouvent les acteurs du marché à interpréter efficacement le flux d'informations erratique et imprévisible ».

Selon l'analyste, les investisseurs se méfient aussi d'un nouvel épisode du phénomène du « Taco », acronyme de « Trump Always Chickens Out », décrivant la tendance observée chez Donald Trump à revenir sur ses propres décisions.