+5,6% en septembre, + 6,3% en octobre... Le prix repère du gaz a augmenté à de nombreuses reprises ces derniers mois, conséquence du conflit au Moyen-Orient. La Commission de régulation de l'énergie publie tous les mois cet indicateur pour aider les consommateurs à choisir une offre depuis la fin des tarifs réglementés.

Il est calculé selon plusieurs facteurs :

  • L'approvisionnement : les variations des prix à court terme (échéances mensuelle et trimestrielle) sur le marché de gros, les coûts commerciaux du fournisseur, sa prime de risque et sa marge, ainsi que le coût associé à l'approvisionnement des certificats d'économie d'énergie (CEE) et de production de biogaz (CPB)
  • L'acheminement, c'est-à-dire les tarifs de réseau et de stockage
  • Les taxes (CTA, TVA et accise sur le gaz naturel).

Prix repère du gaz : montant et utilité pour payer son gaz moins cher

Depuis le début du conflit, les coûts d'approvisionnement grimpent car les prix augmentent sur les marchés de gros, notamment à cause des perturbations dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitent 20% des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié.

Le prix repère est un indicateur et non une offre commerciale, mais de nombreux contrats y sont indexés. Parmi les plus de 10 millions de consommateurs de gaz en France, 4 millions ont opté pour une offre à prix fixe. Les autres ont souscrit un contrat qui évolue selon les fluctuations du marché de gros.

Jusqu'à plus de 500 euros supplémentaires sur la facture annuelle

Depuis le début de la crise, la facture a donc grimpé pour environ 6 millions de foyers. « Entre janvier et octobre, le prix du kWh du PRVG a augmenté de 34,6% pour la cuisson et l'eau chaude sanitaire, et de 42,9% pour le chauffage. Soit +142 euros sur la facture annuelle pour un foyer utilisant le gaz pour l'eau chaude et la cuisson (3 000 kWh/an) et + 585 euros pour les foyers chauffés au gaz (13 000 kWh/an) », calcule par exemple Hello Watt, entreprise spécialisée dans la transition énergétique.

Autre exemple : pour une consommation de 1 416 kWh par mois (soit 17 000 kWh par an), correspondant à un usage chauffage, la facture mensuelle au prix repère moyen s'élevait à 173,41 euros en octobre 2025, contre 236,80 euros en octobre 2026. Pour un usage cuisson-eau chaude, en octobre 2025 la facture mensuelle s'élevait à 19,62 euros. Elle serait de 23,83 euros en octobre 2026.

À noter, cette simulation permet de visualiser l'évolution du prix repère, mais ne reflète pas la réalité de la consommation d'un foyer. L'usage du gaz n'est pas linéaire et bien plus important les mois d'hiver que durant le reste de l'année.

De nouvelles hausses à venir ?

Dans son communiqué de presse, la CRE estimait que « la facture annuelle 2026 pourrait être en moyenne 10% plus élevée que la facture annuelle 2025 (soit +120 euros TTC environ), les prix de début d'année ayant été relativement bas », sous réserve que la situation reste stable d'ici la fin de l'année.

Problème : la tendance à la hausse pourrait bien se poursuivre. Selon les estimations d'Octopus Energy France, basées sur les observations du marché, une nouvelle hausse de plus de 5% TTC serait à prévoir au 1er novembre 2026. « Les marchés étant encore en train de monter, cette hausse pourrait même être plus importante », alerte le fournisseur. Cette augmentation pèserait d'autant plus sur le porte-monnaie des foyers qui utilisent le gaz pour le chauffage.

Pour y échapper, les consommateurs ayant un contrat indexé ont intérêt à choisir une offre à prix fixe pendant 1, 2 ou 3 ans pour bloquer le prix du kWh hors taxes. La démarche est gratuite pour les particuliers et sans coupure. Il est possible de comparer les offres sur le site du médiateur de l'énergie. Autre option plus coûteuse dans un premier temps : changer de mode de chauffage.

EDF, Engie... : Le comparatif des offres de gaz les moins chères avant la hausse des prix cet hiver