Après un record historique atteint début août, l'indice parisien évolue désormais en territoire négatif depuis le début de l'année. Cette baisse masque toutefois de fortes disparités entre les valeurs de l'indice. Les banques Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole sont particulièrement exposées à la remontée des taux et aux inquiétudes entourant les finances publiques françaises, tandis que des groupes comme Eiffage, Bouygues et Vinci sont davantage sensibles au ralentissement de l'investissement et de l'activité économique. À l'inverse, des entreprises mondialisées telles que Hermès, L'Oréal et Air Liquide, dont la croissance repose avant tout sur leurs marchés internationaux, apparaissent mieux armées pour traverser cette période d'incertitude.

Pourquoi les marchés sont-ils sous pression ?

En effet, selon Tom Ross, Global Head of High Yield and Credit du gestionnaire Janus Henderson, « l'environnement reste marqué par la remontée des primes de risque obligataires ». Cette tension alourdit le coût de la dette pour les entreprises, ce qui est de nature à freiner leurs investissements et à réduire leur potentiel de croissance. A cela s'ajoutent les tensions géopolitiques au Moyen-Orient qui se sont traduites par une « hausse des prix du pétrole et, plus largement, une augmentation des coûts de l'énergie qui constituent un véritable risque inflationniste », rappelle Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets, ce qui pèse sur le moral des investisseurs.

Faut-il vendre ses actions ?

Pour les épargnants, l'erreur serait de céder à la panique et de vendre dans la précipitation. L'histoire des marchés financiers a montré à maintes reprises que les investisseurs particuliers ont souvent tendance à agir à contre-courant : ils achètent en période d'euphorie, lorsque les cours de Bourse sont élevés, et désinvestissent pendant les périodes de correction. Cette approche est rarement la bonne d'après les professionnels que nous avons interrogés. Selon eux, il est important de faire preuve de sang-froid et de conserver une vision d'investissement à long terme.

Garder le cap et investir régulièrement

En effet, les perspectives pour la Bourse de Paris ne sont pas aussi sombres qu'il n'y paraît. Le consensus FactSet prévoit toujours une hausse des bénéfices des entreprises du CAC 40 en 2026. Loin de paniquer, les gérants ajustent d'ailleurs leurs portefeuilles pour tenir compte de cette nouvelle donne. Du reste, une période de baisse peut être l'occasion de renforcer ses investissements. Les experts rappellent également l'intérêt de l'investissement progressif, ou DCA (« Dollar Cost Averaging »), qui consiste à investir la même somme à intervalles réguliers. Cette méthode permet de lisser le prix d'achat dans le temps et d'éviter de dépendre d'un unique point d'entrée sur les marchés. Si elle ne protège pas contre les pertes, elle favorise une discipline d'investissement souvent précieuse dans les périodes agitées, comme nous les connaissons aujourd'hui.

Conserver des liquidités pour saisir les opportunités

Enfin, les experts recommandent de conserver une poche de liquidités, afin de pouvoir saisir des opportunités d'achat à bon compte en cas de correction boursière. Mais ils rappellent également un principe fondamental : tout investissement en actions comporte un risque de perte en capital car la volatilité est inhérente aux marchés boursiers. En conséquence, tout placement en Bourse doit être envisagée sur le long terme, avec une stratégie adaptée à la tolérance au risque de chacun.

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