Les marchés : sous les 8 000 !

Deux marchés, deux ambiances. Paris décroche de 0,89% et repasse sous les 8 000 points, à 7 965 points, tandis que Wall Street retrouve des couleurs. Le S&P 500 gagne 0,6% et le Nasdaq 1%, soulagés par une inflation américaine moins forte que prévu. À Paris, la détente du pétrole n'aura donc offert qu'un bref répit... À la veille de la présentation du budget 2027, les inquiétudes politiques et budgétaires reprennent le dessus.

Aux États-Unis, l'inflation marque en effet le pas, on en reparle dans cette édition. Ce ralentissement éloigne un peu le risque d'une nouvelle hausse des taux de la Fed : les marchés n'estiment plus qu'à environ 35% la probabilité d'un relèvement en octobre, contre 45% avant la publication. Les valeurs technologiques en profitent, à l'image d'Alphabet, qui gagne plus de 3%.

Les valeurs : Pernod Ricard retrouve des couleurs

Le spécialiste des spiritueux retrouve quelques couleurs et gagne 1,10% à 60,66 euros. Deutsche Bank relève son objectif de cours de 61 à 63 euros, notamment grâce à l'appréciation du dollar, qui améliore mécaniquement la valeur en euros des bénéfices réalisés à l'étranger. La banque allemande rehausse ainsi légèrement ses prévisions de bénéfice par action pour les prochaines années.

Mais le fond du dossier reste fragile. Deutsche Bank anticipe désormais une baisse organique de 0,3% du chiffre d'affaires sur l'exercice 2026-2027 et un recul de 2,4% du résultat opérationnel. Après une année difficile aux États-Unis et en Chine, le véritable test arrivera le 15 octobre avec les ventes du dernier trimestre. Le rebond du jour traduit donc davantage un léger regain de confiance qu'un véritable retournement des perspectives. Depuis le début de l'année, l'action cède 17% à la Bourse de Paris.

Air Liquide renforce encore son exposition à l'intelligence artificielle

Le groupe annonce un nouvel investissement de plus de 170 millions d'euros au Japon afin de fournir des gaz ultra-purs à l'un des principaux fabricants mondiaux de semi-conducteurs. Dans le cadre d'un accord de long terme, Air Liquide accompagnera l'extension d'une usine existante spécialisée dans les puces logiques, indispensables notamment à l'intelligence artificielle et au calcul haute performance.

Derrière les puces, il faut en effet une quantité croissante de gaz extrêmement purs pour garantir les conditions nécessaires à leur fabrication. Air Liquide se positionne ainsi comme l'un des fournisseurs incontournables de cette chaîne industrielle, sans avoir à concevoir lui-même les semi-conducteurs. Le groupe multiplie d'ailleurs les investissements dans l'électronique en Asie et aux États-Unis. Une manière indirecte, mais très concrète, de profiter de l'explosion des investissements dans l'IA. Le titre gagne 1,18% à 170,88 euros aujourd'hui (+17% en 2026).

Le coin des smalls : Showroomprivé réduit ses pertes

Mais le redressement est encore loin d'être terminé. Le groupe, spécialisé dans la vente événementielle en ligne de grandes marques, réalise 218 millions d'euros de chiffre d'affaires au premier semestre, en baisse de 9,1%. En revanche, les économies commencent à porter leurs fruits : les charges opérationnelles reculent de 12% et la perte nette se réduit à 23,1 millions d'euros, contre 32,1 millions un an plus tôt.

Mais la situation financière reste fragile. La trésorerie est tombée à 12,8 millions d'euros, contre 43,5 millions en début d'année, et Showroomprivé anticipe désormais de ne probablement pas respecter l'un de ses engagements bancaires en 2026. Le groupe va donc devoir négocier avec ses banques tout en poursuivant ses économies et son plan de transformation. Le marché sanctionne ces incertitudes : le titre chute de 5,31% ce mercredi soir, à 0,98 euro, mais conserve une hausse de 82% depuis le début de l'année.

L'événement du mercredi : la Fed gagne un peu de temps

3,4%. Voilà le chiffre du jour. L'inflation américaine d'août ressort moins forte que redouté et entraîne immédiatement une détente des taux obligataires et un rebond du compartiment technologique (+1% environ sur le Nasdaq). Le marché estime désormais beaucoup moins probable une nouvelle hausse des taux de la Fed en octobre.

Mais le chiffre mérite quelques précautions. D'abord parce qu'une importante modification méthodologique a conduit à revoir les données précédentes à la baisse. Ensuite parce que la consommation américaine reste très dynamique : les dépenses des ménages ont bondi de 0,9% en août. Autrement dit, l'économie américaine ne montre pas encore de véritable coup de frein.

La Fed peut donc souffler, mais certainement pas relâcher complètement la pression. L'inflation reste loin de son objectif de 2%, le pétrole demeure cher et les taux longs extrêmement élevés. Le rapport sur l'emploi de vendredi apportera la prochaine pièce majeure du puzzle ? Affaire à suivre !

Le monde d'après : 1 400 milliards sans la Bourse

OpenAI pourrait encore repousser son introduction en Bourse... tout en levant une somme colossale auprès d'investisseurs privés. Selon Bloomberg, la société à l'origine de ChatGPT chercherait à lever 30 milliards de dollars sur la base d'une valorisation de 1 400 milliards, contre 852 milliards lors de sa précédente levée en mars. Une opération qui servirait de financement de transition avant une éventuelle arrivée à Wall Street.

Sam Altman continue en effet de temporiser. Pour le dirigeant, OpenAI doit d'abord mieux maîtriser les risques liés à des modèles d'intelligence artificielle toujours plus autonomes. Plusieurs incidents de sécurité majeurs ont ravivé les inquiétudes autour d'agents IA capables d'agir seuls et de manière malveillante. À cela s'ajoutent les défis de cybersécurité, de réglementation et les besoins gigantesques en électricité, en eau et en infrastructures.

OpenAI dispose donc d'une alternative confortable à une cotation immédiate : continuer à lever des milliards sur les marchés privés. De quoi financer sa croissance sans subir, pour l'instant, la pression de Wall Street. Car pour OpenAI, le prochain défi n'est plus seulement de faire progresser l'IA, mais aussi de prouver qu'elle peut la garder sous contrôle !

Demain à la une : l'économie US sous surveillance

La séance de demain sera dominée par un nouveau test de l'économie américaine, à la veille du très attendu rapport mensuel sur l'emploi. À 14h30, les inscriptions hebdomadaires au chômage donneront un premier aperçu de la solidité du marché du travail. Puis, à 16h, place à un nouvel indice manufacturier. Une activité trop vigoureuse, surtout si elle s'accompagne de nouvelles tensions sur les prix, pourrait raviver les craintes de nouvelles hausses de taux par la Fed.

En Europe, les indices manufacturiers définitifs de septembre permettront de confirmer l'amélioration de l'activité. Côté entreprises, Accenture publiera ses résultats avant l'ouverture de Wall Street, un bon thermomètre des dépenses des entreprises dans le numérique et l'intelligence artificielle. Après la clôture américaine, Nike prendra le relais. Ses résultats permettront cette fois de prendre le pouls de la consommation mondiale.

Le lexique : ISR et notes ESG

L'ISR, ou Investissement Socialement Responsable, consiste à intégrer des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans la sélection des placements, en complément des critères financiers traditionnels. Pour mesurer ces dimensions, les sociétés et les fonds d'investissement reçoivent des notes ESG : E pour environnement, comme les émissions de CO ? ou la gestion des ressources ; S pour social, comme les conditions de travail ou la sécurité ; G pour gouvernance, comme l'indépendance du conseil d'administration ou la transparence de l'entreprise.

Plus la note ESG est élevée, plus l'entreprise est considérée comme performante selon ces critères. Attention toutefois, les méthodes de notation varient fortement d'un organisme à l'autre. Deux agences peuvent donc attribuer des appréciations très différentes à une même société. L'ISR cherche ainsi à concilier performance financière et prise en compte d'enjeux extra-financiers, sans pour autant garantir ni une meilleure performance boursière, ni l'absence totale d'entreprises controversées.