La France lutte de façon « efficace » contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, juge l'organisme intergouvernemental Gafi, qui préconise cependant des améliorations dont une meilleure supervision de certaines professions exposées à la criminalité financière, comme l'immobilier.

Le Groupe d'action financière a pour objectif d'assainir le système financier international en incitant les gouvernements à adopter des législations contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Il publie également une « liste grise » de pays soumis à une surveillance accrue.

Dans son premier rapport d'évaluation sur la France depuis 2011, le Gafi met en avant le « travail considérable d'identification des risques » mené par le pays, qui lui permet d'« avoir une bonne et relativement uniforme compréhension des risques de blanchiment de capitaux, et une très bonne compréhension des risques » concernant le financement du terrorisme.

« D'une manière générale, les politiques et activités en matière répressive reflètent adéquatement les risques identifiés », résume l'organisme au terme de deux ans et demi d'audit. « Le système de lutte » mis en œuvre par les autorités à travers différents dispositifs et structures « est efficace à de nombreux égards », et dispose, « d'un point de vue de conformité technique, d'un cadre juridique solide et sophistiqué », relève le Gafi.

L'organisme n'établit pas de classement entre les pays qu'il évalue. Mais « en comparant avec les résultats d'autres pays, la France se retrouve comme étant le pays le plus efficace dans le domaine de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme », affirme Didier Banquy, président du Conseil d'orientation de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (Colb), qui dépend de la Direction du Trésor. Ce Français se félicite que le rapport ne pointe « pas de défaillance structurelle » mais « des ajustements à faire », a-t-il souligné lors d'un entretien avec des journalistes.

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« Peut mieux faire » sur les déclarations de soupçons

En termes d'efficacité, la France obtient ainsi la meilleure notation (graduée entre « élevée », « significative », « modérée », « faible ») pour la coopération internationale, les saisies et confiscations, les enquêtes et poursuites dans le financement du terrorisme.

Elle se voit cependant assigner un niveau « modéré » pour la supervision et la mise en œuvre de mesures préventives. Est notamment pointé le faible nombre de déclarations de soupçons transmises à Tracfin, cellule antiblanchiment de Bercy, par certaines professions comme l'immobilier. Le Gafi préconise également de « renforcer les effectifs spécifiquement formés et dédiés à la lutte contre le blanchiment en particulier auprès des services d'enquêtes locaux, en outre-mer et à l'instruction ».