Quelque 300 personnes ont manifesté jeudi à Paris, et autant à Lille, pour réclamer que le calcul de l'allocation adulte handicapé (AAH) ne soit plus dépendant des revenus du partenaire, ont constaté des journalistes de l'AFP.

« Quand on aime, on ne compte pas, avec l'AAH, si ! », « Ton couple tu le paies cash », proclamaient des banderoles parisiennes.

L'AAH, de 904 euros par mois, est destinée à compenser l'incapacité de travailler. Elle est versée sous critères médicaux et sociaux. Mais dès que les revenus du conjoint atteignent 1 020 euros par mois, l'AAH commence à baisser.

Une cinquantaine d'actions avaient été annoncées en France jeudi, à l'appel de 22 associations et collectifs, pour dire « stop à la dépendance financière dans le couple » que crée selon eux l'AAH. « Les adultes handicapés doivent avoir leur indépendance financière. Le gouvernement les considère comme des personnes mineures, à la charge de leur conjoint », a déclaré Pascale Ribes, présidente de APF France Handicap, dénonçant un « mépris du gouvernement » qui a bloqué mi-juin l'adoption au Sénat d'une mesure individualisant cette prestation.

Pour elle, l'AAH ne doit pas être un « minima social », comme le RSA, mais un « revenu de remplacement » pour des personnes qui ne peuvent pas travailler à cause d'un handicap. « Cela concerne 300 000 personnes, pour un montant de 500 millions d'euros » par an, a déclaré Arnaud de Broca, président du Collectif Handicaps.

La « déconjugalisation » de l'AAH sera de nouveau discutée au Sénat le 12 octobre, selon le député communiste Stéphane Peu, qui affirme que tous les partis, de droite comme de gauche, y sont favorables, hormis la REM.

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« Allocation Adulte Humilié », pouvait-on lire sur les pancartes à Lille où se sont rassemblés quelque 200 manifestants. « Ils ne veulent plus qu'on se marie », s'indigne Sandrine, la cinquantaine, venue dans son fauteuil roulant. « Si on se marie, on n'a plus d'autonomie, être en situation de dépendance, à la merci de quelqu'un, c'est insupportable. D'autant que les statistiques montrent que ces derniers temps les femmes handicapées subissent bien plus de violences conjugales que les valides », remarque Olga Meurisse, directrice APF Nord et Pas-de-Calais.

Interrogé par l'AFP, le secrétariat d'Etat aux Personnes handicapées répond que les personnes menacées de violences conjugales peuvent retrouver leur AAH. Cesser de prendre en compte les ressources globales de la famille risquerait d'être étendu à d'autres allocations, comme le RSA, les pensions de réversion ou les APL, fait-on valoir dans l'entourage de la secrétaire d'Etat, Sophie Cluzel.