Après les déficits records provoqués par le Covid, la Sécurité sociale « ne reviendra vraisemblablement pas à l'équilibre avant 2030 », a estimé mercredi Olivier Véran, excluant par avance de « couper dans les dépenses de santé », mais pas de toucher aux retraites.

La crise sanitaire n'a pas fini de peser sur la Sécu : « La situation de nos comptes sociaux n'est pas bonne » et « nous mettrons du temps à (en) sortir », a prévenu le ministre de la Santé lors d'une audition devant les commissions des finances et des affaires sociales de l'Assemblée nationale. La reprise économique entraine pourtant un redressement spectaculaire : de 38,7 milliards de pertes en 2020, à environ 25,5 milliards en 2021, nettement moins que prévu il y a encore quelque mois.

Une « relative bonne nouvelle (qui) pourrait avoir un effet positif cette année et les suivantes », a indiqué son collègue des Comptes publics, Olivier Dussopt, sans se hasarder pour autant à une révision du déficit 2022 - attendu autour de 20 milliards - en raison des « incertitudes sur les dépenses » liées à l'épidémie.

La provision de 5 milliards pour les tests et les vaccins apparaît en effet déjà insuffisante, au regard de la flambée des tests de dépistages, dont la facture devrait s'élever à 1,6 milliard rien que pour le mois de janvier.

Mais une fois tournée la page du Covid, la Sécu restera « durablement » dans le rouge, « au dessus de 10 milliards » par an, a déclaré M. Véran. Une somme correspondant en grande partie aux hausses de salaires du « Ségur de la santé », qu'il faudra récupérer ailleurs car « on ne va pas couper dans les dépenses de santé en sortie de crise (...) au risque de faire craquer notre système », a-t-il ajouté.

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Pas question non plus d'augmenter les impôts ou les cotisations pour renflouer les caisses, ce qui « ne serait pas un service rendu à la croissance », a justifié Olivier Dussopt, pour qui l'équation « implique d'ouvrir la question de la réforme des retraites ».

Même si elle « mettra un peu de temps à produire ses effets », cela serait « la mesure la plus structurante immédiatement envisageable », a confirmé le ministre de la Santé.