Fusions d'hôpitaux, baisses de tarifs, contrôles renforcés : pour sortir l'assurance maladie « avant 2030 » des déficits creusés par le « Ségur de la santé », il faudra économiser jusqu'à 6 milliards d'euros par an, estime la Cour des comptes dans une note publiée mardi.

Après le « quoi qu'il en coûte », le remède de cheval. Décidées au début de l'épidémie de Covid-19, les hausses de salaires « non financées » du « Ségur de la santé » vont durablement plomber les comptes de la Sécu, dont la perte « stagnerait autour de 14 milliards d'euros » par an « à partir de 2024 ».

Pour « résorber (ce) déficit » sans augmenter les impôts ni diminuer les prestations, la Cour des comptes propose de renouer avec les économies d'avant-crise et même de « major(er) de moitié l'effort annuel par rapport à son niveau antérieur de 3 à 4 milliards d'euros », soit une cible de 4,5 à 6 milliards par an, afin de « ramener l'assurance maladie à l'équilibre financier avant 2030 ».

« Encourager » les hôpitaux « à fusionner »

Cette cure d'austérité n'épargnerait pas les hôpitaux publics, qu'il faudrait « encourager à fusionner », en particulier les 30 CHU qui seraient réduits à « une dizaine », tandis que les petits blocs chirurgicaux passeraient sous les fourches caudines de « seuils d'activité minimale ».

Des « rentes de situation » seraient également passées au rabot dans le secteur privé : la Cour invite ainsi à « peser sur les prix des dispositifs médicaux » et pointe le « haut niveau » de rentabilité des centres de dialyse privés comme des laboratoires d'analyse biologiques.

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Pas en reste, l'Assurance maladie est aussi priée de juguler « les remboursements à tort de frais de santé », frauduleux ou non, qui auraient coûté au moins 2 milliards d'euros en 2020. Quitte pour cela à « bloquer a priori un plus grand nombre de factures irrégulières » et à « accroître le nombre de contrôles a posteriori ».

Seule exception dans cette kyrielle de coupes budgétaires, la Cour juge que « la fiscalité des boissons alcoolisées et sucrées devrait être relevée » et plaide pour « une taxation spécifique » sur « les produits alimentaires transformés comportant une forte teneur en sucre ajouté ».