L'Assemblée nationale examine vendredi en deuxième lecture le projet de loi de finances 2022, avec de nouveaux amendements gouvernementaux pour « affiner » les mesures budgétées afin d'affronter la pandémie de Covid-19 et la hausse des prix, selon le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt.

Alors que la longue séquence de l'examen du budget au Parlement prendra fin mardi, avec l'adoption définitive du texte, cette nouvelle lecture au Palais Bourbon est l'occasion pour les députés d'examiner le même projet que celui voté en première lecture mais « modifié de quelques avancées », selon le rapporteur général LREM, Laurent Saint-Martin. Le député du Val-de-Marne a au passage égratigné le choix du Sénat de couper court aux débats budgétaires, en votant contre l'article d'équilibre, « une posture politique ».

Bloquer les prix de l'électricité

Parmi les nouveautés de ce deuxième examen et dans la lignée des mesures du bouclier tarifaire pour tenter d'adoucir l'impact de la hausse des prix de l'énergie sur le portefeuille des Français, le gouvernement défend un nouvel amendement octroyant la possibilité de bloquer unilatéralement la hausse des tarifs réglementés de vente (TRV) d'électricité. « Le mécanisme simple permet au gouvernement de déroger aux tarifs proposés par la commission de l'énergie et ce pour lisser la hausse des prix, éviter les allers-retours dans les tarifs d'électricité et ainsi permettre de protéger les ménages », a expliqué Olivier Dussopt.

Des nouveautés critiquées

« Le gouvernement continue de s'adapter à l'actualité », a grincé le président LR de la commission des Finances Eric Woerth, qui avait déjà reproché à l'exécutif le dépôt de quelques 130 amendements en première lecture, gonflant par là même de 12 milliards d'euros le déficit par rapport au projet de loi initial. Ces amendements « de dernière minute n'ont pas permis une véritable discussion », a regretté le communiste Pierre Dharréville, ironisant sur l'ambition du gouvernement de « repeindre en rose » son bilan économique et social.

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« Les dépenses pleuvent à quelques semaines des élections présidentielles », a taclé le LR Robin Reda, déplorant le « renoncement complet » à vouloir maitriser la dette. L'endettement du pays atteindra 113,5% du PIB en 2022 tandis que le déficit sera ramené à 5%, selon les prévisions du budget. « Nous sommes dans le temps du sur-mesure », a vanté Olivier Dussopt, défendant un budget du « quoi qu'il arrive plutôt que du quoi qu'il en coûte ».