Un vaste circuit de blanchiment a été reconstitué par la police lyonnaise après un signalement Tracfin. Sur les 2,4 millions d'euros d'indemnités versées jusqu'au mois dernier à huit sociétés fantômes, 1,4 million ont été saisis par les enquêteurs mais une partie pourrait avoir été envoyée à Hong-Kong.

« On a affaire à un réseau d'escroqueries commises au préjudice de l'État », confirme Judicaële Ruby, commissaire divisionnaire de la section économique et financière de la PJ de Lyon. Alors que l'indemnisation du chômage partiel va baisser au 1er mars, la police judiciaire de Lyon a mis au jour un vaste réseau d'escroquerie aux indemnités par huit sociétés fantômes du Sud-Est de la France. Le préjudice est estimé à 2,4 millions d'euros, selon les informations de l'AFP.

À la fin du mois d'août, une société de la région stéphanoise attire l'attention de Tracfin, le service du ministère de l'Économie chargé de la lutte contre le blanchiment d'argent. Les enquêteurs de la piolice judiciaire sont alors saisis par Bercy. Les soupçons portent alors sur une somme de 400 000 euros indûment perçue. Pour justifier sa demande d'aide, l'entreprise de location de voitures déclare 49 salariés, rémunérés 4 000 euros par mois. En réalité, cette société ne comptait aucun employé.

Vers une vague d'escroqueries ?

De fil en aiguille, les enquêteurs débusqueront sept autres sociétés factices usant du même stratagème. Un vaste circuit de blanchiment et de versements croisés entre les différentes structures du réseau est alors reconstitué. Sur les 2,4 millions d'euros d'indemnités versées jusqu'au mois dernier aux huit sociétés fantômes, 1,4 million ont été saisis par les enquêteurs au titre des avoirs criminels. Une partie du million d'euros évaporé pourrait avoir été caché à Hong-Kong selon la police qui soupçonne une fraude totale plus importante.

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Trois personnes, toutes connues pour des faits d'escroquerie, ont été interpellées mardi autour de Saint-Étienne et dans l'Isère. Un quatrième mis en cause a lui été arrêté dans les Bouches-du-Rhône par la PJ marseillaise. « On sait qu'il y a et qu'il va y avoir énormément d'escroqueries par rapport à tous les dispositifs d'aide mis en place par l'État dans cette crise. Les escrocs surfent sur les failles du système économique, mais nous ne restons pas sans réaction face à ces phénomènes », affirme Judicaële Ruby.