Si les aides mises en place pour limiter la casse économique sont davantage sollicitées par les TPE, ce sont les grosses entreprises qui captent le plus de ressources publiques.

Pour aider les entreprises à survivre durant la crise sanitaire, le gouvernement a créé plusieurs dispositifs : le fonds de solidarité, le chômage partiel indemnisé par l’Etat, le report des charges sociales ou encore le prêt garanti par l’Etat (PGE). A fin septembre, 3,7 millions d’entreprises ont reçu au moins l’une de ces mesures d’urgence, pour un montant global de près de 163 milliards d’euros, dont 26 milliards de subventions et 136 milliards de prêts, comme le souligne France Stratégie dans un rapport paru début février.

Si toutes les entreprises peuvent être éligibles à ces dispositifs, les montants débloqués augmentent avec le chiffre d’affaires et donc la taille de l'organisation. La récente note de France Stratégie met en évidence, chiffres à l'appui, cette hétérogénéité. « Le montant médian reçu par entreprise augmente avec la taille de l’entreprise pour tous les dispositifs à l’exception du fonds de solidarité, qui était plafonné à 1 500 euros par mois jusqu’en août », résume cette institution qui produit des évaluations de politiques publiques à destination du gouvernement.

Des PGE 20 fois plus élevés pour les très grosses sociétés

Ainsi, la moitié des entreprises de plus de 250 salariés ayant contracté un PGE ont obtenu plus de 5 millions d’euros, tandis que le montant médian reçu par les PME s’établit à 260 000 euros. De même, à fin septembre, si près de 80% des PGE avaient été accordés à des entreprises de moins de 10 salariés, ces dernières ont capté seulement 30% des sommes débloquées. Encore une fois, cette disparité est la conséquence directe du fait que le montant du prêt soit indexé sur le chiffre d’affaires. Le PGE est plafonné à 25% du chiffre d’affaires annuel, sauf pour les entreprises innovantes où c’est la masse salariale qui est prise en compte.

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Concernant le report de charges sociales, le constat est le même que pour le PGE. Sur les 2,3 millions d’entreprises bénéficiaires à fin septembre, environ 85% comptaient moins de 5 salariés. Mais pour l’Etat, ce report accordé aux TPE n’a coûté que 48% des 18,7 milliards d’euros octroyés. A l’inverse, 30% des reports de charges sont allés à 5% des organisations, ayant comme point commun de compter jusqu'à 250 salariés.

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Toutefois, d’autres statistiques présentes dans ce rapport atténuent cette impression de déséquilibre en faveur des très grosses entreprises. En effet, le diagnostic s’inverse lorsque les aides sont rapportées non plus à la taille des entreprises mais calculées par salarié. Ainsi, par exemple, le montant médian versé au titre du chomâge partiel par salarié est deux fois et demie plus élevé pour les PME que pour les entreprises de plus de 250 salariés, souligne France Stratégie.

Les garagistes ont reçu plus d'aides que les restaurateurs

Par secteur d’activité, ce sont les commerces de réparation d’automobiles et de motocycles qui ont obtenu le plus d’aides avec 34 milliards d’euros. C’est plus que les entreprises du bâtiment (environ 15 milliards d’euros) et de l’hébergement ou de la restauration (13 milliards d’euros) réunies.