En 2018, la fiscalité des revenus de lépargne et du capital a été totalement chamboulée. Lors du quinquennat Hollande, et donc jusquen 2017, la règle de base était un alignement sur la fiscalité du travail (barème classique de limpôt sur le revenu), et des exceptions selon les produits. La fiscalité entrée en vigueur en janvier 2018, au début du quinquennat Macron, vise à simplifier ce fonctionnement, dune part, et à inciter les Français à investir leur épargne : cest la fameuse « flat tax » (12,8% dimpôt sur le revenu + 17,2% de cotisations sociales), ou prélèvement forfaitaire unique (PFU), qui sapplique pour la grande majorité des placements.
Dans son rapport dinformation sur lapplication des mesures fiscales, publié cet été, le rapporteur général de la commission des finances et député LREM Joël Giraud cherche à mesurer limpact budgétaire de la mise en uvre de la « flat tax ». Comparaison délicate, concède-t-il, car en 2017 comme en 2018 les contribuables peuvent, in fine, choisir dêtre imposés au barème de limpôt sur le revenu, notamment sils sont non imposables.
« Flat tax » sur les dividendes, une bonne affaire pour lEtat
Il a donc choisi de comparer les recettes du prélèvement forfaitaire non libératoire, longtemps surnommé « acompte fiscal » (24% sur les intérêts bancaires, 21% sur les dividendes), perçues par lEtat en 2017, dune part, et les recettes de la flat tax (12,8% dimpôt sur le revenu) dautre part. La logique mathématique voudrait que les recettes de lEtat tirés de la fiscalité des revenus du capital aient baissées. Cest le cas, mais pas dans les proportions attendues, car « le PFU a rapporté plus que prévu en 2018 », comme le souligne Joël Giraud. La prévision initiale, dans le budget 2018 initial, était de 2,9 milliards deuros, une estimation révisée à 3,2 milliards deuros dans le budget rectificatif. Résultat final : 3,45 milliards deuros selon les données livrées par Bercy à la commission des finances de lAssemblée nationale.
Un « succès », donc, au regard des estimations initiales. A titre de comparaison, en 2017, l« acompte fiscal » sur les intérêts et dividendes avaient rapporté plus de 4 milliards deuros. Joël Giraud juge ainsi le manque à gagner pour lEtat bien moindre quanticipé : « Le rendement du PFU nest inférieur que de 609 millions deuros au [prélèvement forfaitaire non libératoire] qui était en vigueur en 2017 alors que le taux du PFU est inférieur de 8,2 points pour les dividendes et de 11,2 points pour les intérêts ».
Recettes en hausse sur les dividendes
Dans le détail, lévolution des recettes tirées des intérêts et des dividendes est bien différente : les recettes ont baissé de 40,8% sur les intérêts bancaires fiscalisés, et elles ont augmenté de 3,4% sur les dividendes. La hausse des recettes tirées de la fiscalité sur les dividendes sexplique en partie par un effet daubaine, lassouplissement de la fiscalité ayant pu inciter au versement de dividendes. Joël Giraud ne livre pas déléments de prospective sur les recettes 2019 de la flat tax.















