Jeudi dernier, le courtier Bernard Madoff a été arrêté par le FBI et a avoué être l’auteur d’une escroquerie de 50 milliards de dollars. Banques, fonds d’investissements et grandes fortunes ont été bernés.

Evaluée par son auteur à 50 milliards de dollars, la fraude montée par Bernard Madoff est la plus grande escroquerie de l’histoire de Wall Street. Arrêté jeudi 11 décembre par le FBI, le courtier américain, aujourd’hui âgé de 70 ans, avait mis en place une fraude dite « pyramidale » ou « de Ponzi », du nom du créateur de cette technique dans les années 1920, Charles Ponzi.

Chez Bernard L. Madoff investment securities LLC, sa société d’investissement, il s’agissait de payer les intérêts des clients grâce aux capitaux des nouveaux entrants. Tout s’est écroulé lorsque de trop nombreux investisseurs, à cause de la crise financière, ont voulu récupérer leur mise en même temps.

Depuis une quarantaine d’années, le fond du courtier prospérait en utilisant cette technique. Gardant ses recettes secrètes, il annonçait des rendements de plus de 10% par an, en moyenne. Bernard Madoff a trompé observateurs et investisseurs, mais surtout, l’autorité de régulation des marchés américains, la Securities and Exchange Commission (SEC). Celle-ci avait pourtant mené, depuis les années 1990, plusieurs enquêtes, en vain.

Bernard Madoff avait même siégé à partir de 2000 au conseil consultatif de la SEC qui sollicitait fréquemment son expertise sur la structure des marchés.

Ancien maître-nageur, puis quelques années plus tard, président du Nasdaq, Bernard Madoff était devenu un courtier respecté dans la sphère de la finance.

Ceux qui avaient placé de l’argent dans son fond à forte rentabilité sont d’autant plus nombreux. Les pertes considérables touchent surtout des investisseurs américains, européens et japonais. Beaucoup de banques sont affectées, les deux plus exposées étant à ce jour l’espagnole Santander (à hauteur de 2,33 milliards d’euros) et HSBC (à hauteur d’1 milliard de dollars, soit 740 millions d’euros).

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L’escroquerie a également floué des fonds spéculatifs et des fonds de fonds parmi lesquels le Fairfield Greenwich Group de Walter Noël, un ancien responsable de la SEC, qui envisage 7,5 milliards de dollars de pertes potentielles. Aux États-unis, les victimes sont aussi des écoles, des universités, des oeuvres de charité et des fondations dont celles de l’écrivain Elie Wiesel et du cinéaste Steven Spielberg.

Ce scandale révèle les dysfonctionnements des mécanismes de contrôle de la finance.

Aujourd’hui, Bernard Madoff a été libéré sous caution et son fond est mis en liquidation. Les autorités financières américaines affirment ne pas se faire d’illusions sur les sommes qui pourront être récupérées.