En avril 2009, l'Etat baissait la TVA à 5,5% (contre 19,6% auparavant) dans la restauration. Un an plus tard, le syndicat des hôteliers-restaurateurs défend la mesure, très critiquée pour son coût et sa faible répercussion sur les prix.

En avril 2009, l’Etat actait la baisse de la TVA à 5,5% dans la restauration, fixée jusque là à 19,6%, baisse réclamée de longue date par la profession et associée à un « contrat d’avenir », par lequel les restaurateurs prenaient des engagements chiffrés.

Presqu'un an après, alors que le premier ministre François Fillon a annoncé un « coup de rabot de 10% » sur les niches fiscales et que la baisse de la TVA dans la restauration est pointée du doigt, Synhorcat, syndicat national des hoteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs, défend, dans un communiqué, son bilan en qualifiant cette mesure d’« exemple à suivre ».

Pour étayer ses dires, l'organisation professionnelle s’appuie sur des chiffres. Elle évoque ainsi une baisse des prix de 1,4% et la création de 5.300 emplois sur le deuxième semestre 2009, dans un contexte économique jugé « inflationniste » par le syndicat. Dans le communiqué, le président Didier Chenet se dit même « fier de ce bilan d’étape ». Mais au regard des engagements pris avec l’Etat, les chiffres avancés sont loin du compte.

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En effet, le 28 avril 2009, en contrepartie de la baisse de la TVA, les huit syndicats de restaurateurs s'étaient engagés sur une baisse de l’addition de 3%, et même de 11,8% sur certains produits et sur la création de 20.000 emplois pérennes et 20.000 contrats d'apprentissages ou de professionnalisation sur 2 ans. Dans le même temps, la mesure a coûté, selon les estimations du ministère de l'économie, près de 3 milliards d'euros, pesant dans l'augmentation des dépenses fiscales en 2009 (75,5 milliards d'euros contre 69,9 milliards prévus).