En 2024, le taux de pauvreté se stabilisait à 15,4% de la population, soit le plus haut niveau jamais mesuré. Il était de 12,9% en 2008, rappelle l'Institut national de la statistique. Concrètement, cela signifie que cette part de la population a un niveau de vie inférieur à 60% du niveau de vie médian, soit 1 337 euros pour une personne seule en 2024.

Cette hausse du taux de pauvreté « ne s'accompagne pas de davantage de passages par la pauvreté » : la part des personnes connaissant un épisode de pauvreté est « relativement stable » entre 2008 et 2011 et entre 2021 et 2024, autour de 23%, explique l'Insee. En revanche, « elle va de pair avec des situations de pauvreté devenues de plus en plus souvent chroniques », suggérant un « accroissement des difficultés » à sortir de la précarité.

La part de personnes qui restent en situation de pauvreté d'une année à l'autre a progressé : 63,2% des personnes pauvres étaient concernées en 2008, contre 68% en 2015 et 71,4% en 2023.

La part de personnes qui restent pauvres quatre années consécutives a « presque doublé » sur quinze ans, passant de 4,3% des individus entre 2008 et 2011 à 7,2% entre 2021 et 2024. Sur cette période récente, 6,3% des personnes ont vécu une « trajectoire de pauvreté intermittente » : leur niveau de vie a été inférieur au seuil de pauvreté certaines années et supérieur à d'autres.

Les sorties « pérennes » de situation de pauvreté sont « rares », souligne l'Insee. Parmi les personnes concernées par la précarité en 2021, seules 16,5% en sortent durablement.

Les situations de pauvreté de longue durée sont fortement liées à l'emploi : parmi les personnes de 16 ans ou plus, 22,4% des personnes au chômage vivent sous le seuil de pauvreté monétaire de manière continue de 2021 à 2024, contre 3% des personnes en emploi et 5,7% des retraités.