Sous l'effet de l'inflation mais aussi d'une tendance de « distributeurs à renchérir les produits essentiels à la santé », « l'assiette devient la variable d'ajustement du budget des ménages » et se nourrir sainement « devient un luxe pour beaucoup », alertent ces associations, emmenées par Familles Rurales, Foodwatch, le Secours Catholique Caritas France et France Assos Santé.

« Monsieur le Premier ministre, quand se nourrir sainement devient un privilège, la République recule », écrivent-elles, en affirmant n'avoir jusqu'ici « aucune réponse concrète et satisfaisante » de plusieurs ministères sur le sujet et en réclamant « une première mesure simple et urgente ».

Le collectif demande au chef du gouvernement « une loi d'urgence » pour garantir l'accès à cent produits alimentaires sains, conformément aux recommandations du programme national nutrition santé, « vendus à prix coûtant dans toute la grande distribution » dans toute la France, outre-mer compris.

« Une part très minime des milliers de références commercialisées »

Cette mesure peut être mise en œuvre sans difficulté par les distributeurs, affirment les associations : elle ne concernerait qu'« une part très minime des milliers de références commercialisées » et la grande distribution a reconnu sa responsabilité dans l'accès à une alimentation de qualité et accessible en appelant il y a quelques mois l'État à fixer un cap et un cadre clair.

Non seulement cette loi d'urgence n'alourdirait pas le budget de l'Etat, mais elle réduirait à moyen terme les dépenses de santé, ajoute la lettre ouverte adressée à Sébastien Lecornu. Et cela ne pénaliserait pas les agriculteurs, « dont la juste rémunération doit être assurée », plaide encore le collectif, qui a aussi lancé une pétition pour exiger cent aliments bons pour la santé à prix coûtant dans les supermarchés.