L'essentiel
- La guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz ont profondément perturbé le marché des hydrocarbures. La hausse des prix est déjà notable, constate l'Insee.
- L'institut statistique anticipe que l'impact de cette situation sur l'inflation sera moins élevé en France qu'en Europe, avec un pic prévu n France à 2,1% en mai 2026.
- La formule revalorisation automatique du salaire minimum va très probablement s'activer au printemps, avec une hausse effective à l'été 2026.
La guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz a totalement boulversé le marché des hydrocarbures. Le prix du baril de pétrole, qui était rentré dans le rang courant 2025, s'envole et l'évolution du prix de l'essence et du diesel entre désormais dans une phase d'incertitude totale. C'est dans ce contexte que l'Insee a dressé une note de conjoncture trimestrielle intitulée « Inflation ravivée, croissance fragilisée ».
La flambée des prix des carburants, et du gaz, va forcément avoir une incidence sur les prix à la consommation. Toutefois, concernant l'inflation française, l'Insee anticipe une hausse moindre qu'en Europe, où l'augmentation des prix est attendue à 3% d'ici la fin du premier semestre 2026. En France, l'Insee table sur un pic à 2,1% en mai et 1,9% en juin.
Les mêmes effets qu'en 2021-2022 avec de multiples hausses de Smic ?
Ce retour de l'inflation va-t-il créer les mêmes effets qu'en 2021-2023, quand la guerre en Ukraine a fait plus qu'amplifier une envolée de l'inflation déjà en cours suite la crise sanitaire du Covid-19 ?
À l'époque, le Smic avait progressé à de nombreuses reprises en cours d'année, en plus que l'échéance annuelle du 1er janvier. Le Code du travail prévoit une révision en chaque début d'année, complétée par une hausse automatique en cours d'année si l'inflation s'envole. Plus précisément, le salaire minimum augmente ainsi dès que l'inflation subie par les 20% des foyers les plus modestes (« IPC dernier quintile ») dépasse 2% par rapport à la dernière revalorisation. C'est cette formule qui s'était activée à quatre reprises entre octobre 2021 et mai 2023.
Cette revalorisation automatique va à nouveau s'activer en 2026. L'Insee le prévoit déjà sans ambiguïté dans sa note de conjoncture publiée ce mardi 24 mars : « Le seuil de revalorisation automatique du Smic serait certes franchi au cours du printemps. »
« Aujourd'hui, on pense que le seuil serait franchi en mai et que la revalorisation serait effective en juillet »
Quand ? « Aujourd'hui, la projection est très fluctuante ! » répond Dorian Roucher, chef du département de la conjoncture de l'Insee, interrogé par MoneyVox. « Aujourd'hui, on pense que le seuil serait franchi en mai et que la revalorisation serait effective en juillet », poursuit-il, en soulignant que l'incertitude est telle que cette hausse peut tout à fait être repoussée... comme avancée à juin si jamais les prix grimpent plus vite que prévu avec un franchissement de la barre des 2% dès le mois prochain.
Suspense pour l'impact sur l'inflation au second semestre 2026
À ce stade, le salaire minimum a donc de grandes chances de progresser de 2% ou légèrement plus au début de l'été. Cela permettra de compenser la hausse printanière de l'inflation, le printemps devant être marqué par « une perte sèche de pouvoir d'achat pour les salariés », prévient Dorian Roucher. Car l'inflation n'a pas du tout été anticipée dans les négociations salariales de ce début 2026.
Toute hausse du Smic a toutefois une incidence indirecte sur l'inflation, prévient l'Insee. Si l'inflation ne devrait pas s'envoler outre-mesure avant l'été, avec un impact de la guerre au Moyen-Orient limité aux prix du pétrole et du gaz. Puis sur les billets d'avion. Passé l'été, la hausse du Smic et donc les hausses de salaires risquent de faire grimper le coût des services en France. Et cela pourrait renforcer l'inflation. Reste à savoir jusqu'à quelle hauteur.















