Ce vote en commission des Affaires sociales est loin d'être définitif, puisque les députés repartiront du texte initial dans l'hémicycle mardi.

Mais il s'agit d'un deuxième mauvais signal pour l'exécutif après le rejet jeudi dans l'hémicycle, lors des débats sur le budget de l'Etat, d'une autre mesure visant les retraités, en plafonnant l'abattement fiscal dont ils bénéficient.

Dans le budget de la Sécu, le gouvernement souhaite que toutes les pensions de base ne soient pas revalorisées en janvier en suivant l'inflation, contrairement à la règle habituelle.

Selon la version actuelle du texte, seul un tiers des retraités, ceux qui touchent jusqu'à 1.260 euros de pension, bénéficieraient d'une hausse suivant l'inflation.

Au-dessus de ce seuil, la sous-indexation voire le gel des pensions seraient déterminés par décret. Si toutes les pensions au-dessus de 1.260 euros étaient gelées, environ 4 milliards d'euros seraient économisés.

Le gouvernement se dit ouvert toutefois à une revalorisation partielle de certaines pensions notamment entre 1.260 euros et 2.000 euros.

A six mois de l'élection présidentielle, il précise que des décrets pourront être pris en 2027 par un nouveau gouvernement, permettant de revenir sur la mesure, et ce même de manière rétroactive.

« C'est l'article le plus grave et le plus préoccupant », a tonné Christophe Bentz (RN). « C'est appauvrir nos retraités dans un contexte de surinflation des prix. »

« Vous essayez de faire gober au pays une réduction du pouvoir d'achat des retraités sans avoir le courage d'assumer de combien et pour qui », a lui dénoncé Hadrien Clouet (LFI).

Si des décrets sont proposés, « ce n'est pas pour entretenir une opacité, c'est pour permettre » à un prochain gouvernement « de pouvoir modifier ce point », a assuré Annie Vidal (Renaissance).

Les seuils proposés « mériteraient d'être discutés et probablement d'être relevés », a-t-elle toutefois convenu, regrettant donc l'adoption des amendements de suppression de l'article, portés par les Républicains, le PS, le RN et son allié UDR, les communistes, LFI et les Ecologistes.

Selon un sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro mi-octobre, 55% des Français se disent favorables à ce que les pensions de retraite augmentent moins vite que l'inflation, sauf pour les plus petites. Et cette part augmente à 61% en ne prenant en compte que l'avis des actifs.