1 - Quel est le taux de revalorisation envisageable ? Si la formule de calcul est respectée...

Désormais, tous les éléments chiffrés sont connus. Il s'agit d'une équation à trois bandes.

Première barre chiffrée. Le minimum de la fourchette de négociation : 1,2%. Sur la base de l'accord régissant ce régime complémentaire, la valeur de référence est de 1,6%, c'est-à-dire l'inflation hors tabac anticipée pour 2026 moins « un facteur de soutenabilité de 0,40 point ». L'accord prévoit ensuite plus ou moins 0,4 point de marge de manœuvre par rapport à cette valeur de référence. Donc, 1,2%, limite basse.

Deuxième borne chiffrée. Le maximum induit par cette marge de manœuvre est de 2%, soit 1,6% + 0,4. Mais...

Troisième borne chiffrée. C'est le troisième paramètre de cette équation, comme nous le confiait le 23 septembre dernier une source interne à l'Agirc-Arrco : la revalorisation annuelle ne peut pas dépasser le salaire moyen par tête (SMPT). Ce SMPT était alors attendu à 1,7% ou 1,8%. Finalement, cette donnée statistique a été communiquée aux participants à la négociation : le salaire moyen est de 1,9%. C'est donc le haut de la fourchette à retenir.

2 - Quelles sont les réclamations du patronat et des syndicats ?

Reprenons les déclarations diffusées sur MoneyVox à la fin septembre. « Il n'y a aucune raison au regard des réserves à ce que l'on ne fasse pas le maximum », nous disait Régis Mezzasalma, conseiller confédéral retraites de la CGT. Contacté en cette mi-octobre, il explique que les syndicats n'ont pas encore établi de position commune mais le secrétaire national de la CFDT Fabien Guimbretière affirme dans Le Parisien que les syndicats vont « évidemment demander le maximum possible comme point de départ de la négociation ».

Côté patronal, fin septembre, Éric Chevée, vice-président de l'organisation patronale Les Entrepreneurs (ex CPME), appelait à la sagesse budgétaire et à la « solidarité patronale ». Recontacté par MoneyVox à la veille du conseil d'administration, il affirme que le patronat n'a pas encore pris « de position définitive ». Dans Le Parisien, la position du Medef apparaît comme le grand mystère de l'équation. Mais Michel Picon, président de l'U2P (artisans, commerçants, TPE), évoque « le minimum, c'est-à-dire 1,2% » en base de négociation, avec « la possibilité de réhausser de 0,2%, soit 1,4% », sorte de compensation du gel de l'an passé, puisque le minimum de l'an passé (que le patronat appelait de ses vœux) était de 0,2%.

3 - Y a-t-il réellement un risque de nouveau gel en l'absence d'accord ?

C'est arrivé l'an passé. Cela peut à nouveau arriver cette année, comme nous le confirme une source proche du dossier. Et ce même si les syndicats contestent fermement cette lecture de l'accord interprofessionnel, qui aboutirait systématiquement à 0% faute de négociations concluantes.

Dans les faits, ce serait une surprise encore plus grande que l'an passé si jamais les parties prenantes ne parvenaient pas à un accord. Pourquoi ? « S'il n'y avait pas d'accord comme l'an dernier, alors ce serait le paritarisme de décision qui serait impacté », insistait Éric Chevée, vice-président des Entrepreneurs, auprès de MoneyVox. Le Medef assure de son côté à l'AFP qu'il « souhaite parvenir à un accord » tout en appelant à « faire preuve de responsabilité » pour « préserver durablement le régime ». Les syndicats, déjà extrêmement remontés après l'absence d'accord l'an passé, auraient beaucoup de mal à accepter un nouveau gel en cas de nouvel échec des négociations.

Personne ne souhaite une nouvelle issue défavorable à ce bras de fer... Fin du suspense mercredi 14 octobre, en fin de journée.