Les réseaux sociaux constituent « un nouveau point d'entrée pour les escroqueries financières » qui ciblent des victimes plutôt jeunes et modestes, particulièrement dans le domaine du trading, ont alerté lundi les autorités concernées par cette délinquance en ligne.

« Les réseaux sociaux et les influenceurs sont le nouveau point d'entrée apparu ces dernières années », ont averti à l'unisson le ministère de la Justice, les gendarmes des banques (ACPR) et des marchés financiers (AMF), ainsi que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

« C'est un public jeune, de milieu plus modeste que la cible traditionnelle des arnaques au placement, qui est désormais touché, en particulier dans le domaine du trading (Forex et cryptomonnaies) », ont souligné ces acteurs au cours d'une conférence de presse commune, mettant en garde contre « la montée inquiétante des pratiques commerciales trompeuses en ligne dans le domaine des services financiers, notamment de la part d'influenceurs ».

Les autorités ont réalisé une étude avec l'institut BVA auprès d'un panel de 5 000 Français majeurs, afin de dresser le portrait d'épargnants ciblés par ces arnaques, et pour faire témoigner une poignée de victimes probables. Parmi les conclusions de ce sondage : « Parmi les personnes contactées via les réseaux sociaux, Facebook reste le plus cité, suivi de loin par YouTube et Instagram. » Les réseaux tels que TikTok ou WhatsApp semblent plus propices à la concrétisation : les personnes interrogées qui ont été séduits par une publicité très (trop ?) attractive sont majoritairement passées par ces réseaux. Par ailleurs, dans leur communiqué commun, les autorités ajoutent : « Le partage de faux “bons plans” sur les réseaux sociaux et applications de messagerie démultiplie l'impact de ces arnaques. »

Ehpad, parking d'aéroport... de nouveaux filons

L'arnaque financière, « c'est une délinquance que nos modes de communication favorise », c'est un « recours de plus en plus accru à internet », a constaté Laure Beccuau, procureure de la République de Paris. « On confie, sans véritablement désormais se poser la question, de multiples données de notre vie privée - et nos économies font partie de ces données -, mais on les adresse à des inconnus jamais rencontrés, dont la seule légitimité est un site qui inspire la confiance, qui semble être un gage de sérieux », a-t-elle poursuivi.

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Les investissements dans les cheptels bovins, les conteneurs, les diamants sont désormais passés de mode, laissant place à de fausses offres d'investissement dans les chambres d'Ehpad, qui ont généré des pertes d'environ 70 000 euros par épargnant, et dans les places de parking d'aéroport (pertes de plus de 50 000 euros).

Après une baisse de régime pendant 2 ans, les fraudes au trading sur le marché non régulé des devises et sur les crypto-actifs ont fortement repris en 2020 et 2021, entraînant des préjudices respectivement de l'ordre de 38 000 et 20 000 euros par épargnant, selon l'AMF qui se fonde sur les déclarations des victimes, souvent jeunes.