Distinguer largent dédié aux dépenses quotidiennes de celui prévu pour les coups durs ou les projets futurs : une habitude prise par la majorité des Français, à en croire le sondage OpinionWay pour Altaprofits publié ce 10 septembre (1). En effet, près de 9 sondés sur 10 déclarent posséder au moins un produit dépargne, quil sagisse dun livret, dun Plan Epargne Logement ou encore dune assurance vie. 67% en détiennent même plusieurs.
Ces proportions ne diffèrent que peu en fonction du lieu de résidence des personnes interrogées. Certes, les habitants de Provence-Alpes-Côte dAzur sont les moins nombreux à avoir ouvert au moins un produit dépargne, mais ils sont tout de même 86% à en posséder au moins un. Les Bretons et les habitants dAuvergne-Rhône-Alpes sont les plus adeptes des produits financiers, avec un taux de détention record de 91%.
Une épargne déclarée de 44 217 euros en moyenne
En revanche, les sommes déposées sur ces livrets et autres supports plus sophistiqués varient grandement dune région à une autre. Et, logiquement, cette cartographie régionale se confond dans lensemble avec celle des niveaux de vie dressés par lInsee (2). Ainsi, alors que les Français ont mis en moyenne 44 217 euros de côté, selon le sondage paru ce jour, les Franciliens disposent de 51 064 euros dépargne. Au nord de la France notamment là où le taux de pauvreté est le plus élevé, autour de 20% contre 15% de moyenne nationale le niveau dépargne déclarée est, en toute logique, plus faible quau niveau national. Ainsi, les habitants des Hauts-de-France disposent dun matelas financier atteignant quelque 38 000 euros, 14% inférieur à la moyenne hexagonale.
Mais cette logique ne marche pas à tous les coups, daprès les résultats de la cartographie communiqués par Altaprofits. Les sondés de Provence-Alpes-Côte dAzur affirment par exemple avoir près de 51 000 euros davance. Pourtant, selon lInsee, 17,4% des habitants de PACA ont des ressources inférieures au seuil de pauvreté (60% du niveau de vie médian en France). Un paradoxe qui sexplique vraisemblablement par les inégalités de répartition. En PACA, les moins de 35 ans ont épargné 12 283 euros, contre près de 15 000 euros de moyenne nationale, alors que les plus de 65 ans ont mis 76 465 euros de côté, contre moins de 68 000 euros au niveau national.
Niveau dépargne record pour les seniors dIle-de-France
Lépargne moyenne déclarée est dopée essentiellement par les seniors franciliens. Ces derniers affirment disposer de 92 701 euros en moyenne, un record au niveau national. Cest un peu plus que le patrimoine des plus de 65 ans de Bretagne (91 560 euros), mais près de trois fois plus que les épargnants de la région Grand-Est et leurs 32 198 euros mis en réserve.
En revanche, parmi les plus jeunes les épargnants de moins de 35 ans ce ne sont pas les jeunes actifs dIle-de-France qui se montrent les plus économes. Avec 20 005 euros, ils sont détrônés par les habitants dOccitanie et leurs 21 000 euros dépargne. Curieusement, alors que la Nouvelle-Aquitaine, avec Bordeaux, attirent ces dernières années une population à hauts revenus, les jeunes sondés y habitant seraient les moins bien lotis de France... Ces derniers ayant seulement 6 500 euros de côté.
Les femmes ont deux fois moins dépargne que les hommes
Autre forte disparité mise en avant : celle qui distingue le niveau dépargne des femmes de celui de la gente masculine. Tout âge confondu, les hommes interrogés déclarent disposer de 60 734 euros dépargne, alors que le montant moyen mis de côté par les femmes est en deçà de 26 000 euros. Cest en PACA que lécart est le plus élevé, avec un rapport de 1 à 3 : quelque 76 000 euros dépargne pour les hommes, contre 23 300 euros pour les femmes. Seule exception : la Nouvelle-Aquitaine. Les habitantes de cette région affirment disposer dun patrimoine financier de 54 138 euros, contre moins de 50 000 euros pour les sondés masculins.
(1) Le Baromètre de l'épargne en région a été réalisé par OpinionWay pour Altaprofits, du 22 mai au 3 juin 2019, auprès d'un échantillon de 2 470 personnes âgées de 18 ans et plus ; échantillon représentatif de la population des régions françaises et constitué selon la méthode des quotas. Interviews réalisées en ligne. (2) Niveau de vie et pauvreté par région en 2015, Insee Références, édition 2018.
















