Changement de philosophie chez Spirica ? Longtemps considéré comme spécialiste de limmobilier, le troisième assureur du marché web (contrats BforBank Vie, Linxea Spirit, Mes Placements Liberté, Netlife ), appartenant au groupe Crédit Agricole, change les règles du jeu. Et ce dès le 1er septembre, même si certains partenaires annoncent quils se mettront en conformité dici le 1er octobre.
Le plus symbolique ? Labaissement du plafond d'investissement sur Euro Allocation Long Terme 2, qui a livré un rendement de 3% cette année. Les investissements sur ce fonds star, composé en majorité de SCPI, ne pourront dépasser un plafond de 50 000 euros par contrat, contre 100 000 euros jusque là. Par ailleurs, il ne sera plus possible dallouer plus de 50% des versements sur le fonds, contre 60% jusquà présent.
Pour beaucoup de clients, les contrats Spirica sinscrivaient dans une stratégie dinvestissement 100% immobilier, en complétant le fonds ALT2 par des parts de SCPI, ce produit de pierre-papier de plus en plus populaire. Il nétait dailleurs pas rare, pour les courtiers, de voir passer des versements complémentaires 100% SCPI. Une pratique qui ne sera plus autorisée par lassureur. Désormais, un investissement ne pourra plus comporter plus de 50% de SCPI. Un plafond est aussi instauré par contrat, mais il reste symbolique : ne pas dépasser un million deuros de parts de SCPI.
Trop dimmobilier dans les fonds propres
cBanque a sollicité Spirica pour comprendre les enjeux de ces nouvelles règles mais lassureur na pas donné suite. Faut-il y voir le signe dun sujet sensible ? Cest ce que suggèrent plusieurs spécialistes du marché. Car si elle a permis dattirer les épargnants, la stratégie immobilière de Spirica pourrait se retourner contre lui. La collecte actuelle confirme lorientation immobilière des contrats : « Sur 100 euros il y a 50 euros de fonds euros (dont 33 euros de ALT 2), 25 euros de SCPI, et 25 euros dautres unités de compte », précise un analyste. « Beaucoup de clients sont investis uniquement sur les produits immobiliers, ALT et SCPI. »
Lors de réunions avec ses partenaires, le directoire de lassureur a ainsi confié que la part dimmobilier dans les fonds propres commençait à être « trop importante ». « Spirica gère plus de 3 milliards deuros dencours, et son stock dimmobilier approche des 25% », commente ce même analyste. « Or, pour Euro ALT comme les SCPI, il faut garantir la liquidité en cas de rachat. Lassureur assume donc la majorité du risque. » Ces nouvelles règles constituent ainsi « un moyen de contrôler la collecte, pour mieux piloter lexposition des fonds propres à limmobilier ».
Des plafonds rarement atteints
Désormais, les contraintes dinvestissement se rapprochent de la concurrence. Mais il reste dautres solutions pour investir en immobilier sur les contrats. « On indique aux épargnants daller chercher dautres produits qui nont pas encore de contraintes, comme les SCI et OPCI », glisse un gérant. Comme plusieurs acteurs, il confirme que les nouveaux plafonds ne changeront « pas grand chose ». Car ces règles ne concernent quune part « marginale » de contrats, 10% à 15% des clients. « La majorité des épargnants natteindra jamais le seuil sur Euro ALT 2 », juge ce gérant. « Ceux qui étaient déjà au plafond pourront y rester. » Dailleurs, il reste toujours possible douvrir un second contrat pour continuer à investir !
Conclusion : Spirica amorce une réorientation de sa stratégie marketing, en incitant désormais à plus de diversification. « Pour la clientèle experte et amatrice dimmobilier, nos contrats se démarqueront moins, ils vont perdre un peu leur côté sexy », juge un courtier web. Mais il concède que la décision va « dans le sens de lhistoire » : « Spirica a quelque part été trop généreux au départ. On sentait bien quil sagissait dun produit dappel. Maintenant, on ferme un peu un robinet longtemps ouvert à grandes eaux. » Le signe que lassureur atteint sa vitesse de croisière ?
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