Le groupe Maranatha, qui détient une soixantaine dhôtels dont la Pérouse à Nice ou le Pont-Royal à Paris, a été placé en redressement judiciaire en septembre dernier. Conséquence : environ 6 000 investisseurs ne peuvent plus récupérer leur mise et craignent de perdre toute la valeur de leur investissement initial.
Lenquête de lAutorité des marchés financiers concernant les liens entre le cabinet Conseil patrimoine finance (CPF), basé à Angers, et le groupe hôtelier est antérieure aux derniers rebondissements de laffaire Maranatha. Mais elle prend une autre ampleur au regard de la situation actuelle du groupe. Le cabinet de conseil en gestion de patrimoine CPF est sanctionné pour des faits remontant à 2013-2015, période durant laquelle CPF distribuait des produits dinvestissement du groupe Maranatha (gammes « Finotel » et « Club Deal »).
Des « manquements multiples » dune « particulière gravité »
Parmi les principaux griefs : le fait que CPF ait omis dindiquer à ses clients la perception de commissions grâce à ces investissements. « Le registre des conflits dintérêts de CPF, dans ses versions de mars 2015 et 2016, ne faisait pas état des commissions perçues du groupe Maranatha, pourtant significatives car représentant 5 à 10% des souscriptions des clients et 0,50 à 1% des encours générés », lit-on dans la décision datée du 11 avril et publiée hier par la commission des sanctions de lAMF. Cette dernière considère quen omettant dinformer ses clients sur les rémunérations perçues, ce cabinet a « manqué à lobligation dagir de manière honnête, loyale et professionnelle ».
En se basant sur les obligations des conseillers en investissements financiers (CIF), statut sous lequel exerce CPF pour ces investissements, lAMF reproche plus généralement des « manquements multiples » dune « particulière gravité » : recommandations inadaptées à la situation des clients, absence de document dentrée en relation, communication dinformation « ne présentant pas un caractère clair, exact et non trompeur », etc. Le cabinet CPF écope ainsi dune amende de 300 000 euros, et les trois dirigeants Jack Sautjeau, Christophe Roche et Samuel Sautjeau de sanctions à titre personnel, respectivement de 100 000 euros, 30 000 euros et 30 000 euros.
















