Quatre mois pour le transfert dun Plan dépargne en actions (PEA) dune banque à une autre : est-ce « anormalement long », comme lestime le client, ou non ? Saisie du cas de « M. T. », qui avait demandé ce transfert le 24 janvier 2017, Marielle Cohen-Branche ne lui a donné que partiellement raison, comme elle lexplique dans son « tableau de bord » mensuel.
Certes, le médiateur de lAutorité des marchés financiers (AMF) reconnaît que « la majorité des transferts de PEA seffectue dans un délai moyen dun mois ». Toutefois, ce délai « peut considérablement sallonger », surtout si le portefeuille à transférer comprend des titres spécifiques, comme cétait le cas du PEA de « M. T. ».
Titres étrangers et au nominatif
Létablissement incriminé affirme ainsi que les délais dus à la spécificité des titres détenus ne lui étaient pas imputables. « M. T. » possédait des « titres étrangers », pour lesquels le délai de traitement est « allongé », ainsi que « des titres au nominatif », le nom de lactionnaire figurant alors dans les registre de la société émettrice, ce qui complique la procédure. Par ailleurs, une opération était en cours sur un titre du PEA, la banque devant « attendre le dénouement de cette opération », ce qui « a duré 15 jours », comme le précise le médiateur de lAMF.
La banque estime ainsi que, sur les quatre mois de délai, trois ne lui sont pas imputables. Elle reconnaît en revanche quun délai dun mois a été causé par « un incident technique » sur son compte au sein dEuroclear, le dépositaire central qui assure léchange des titres financiers entre établissements financiers.
Un « geste commercial » de 630 euros
Suite à lintervention du médiateur de lAMF, la banque a tout de même proposé un « geste commercial » de 630 euros à ce client, cette somme correspondant « aux frais de courtage valable six mois pour les opérations réalisées sur le compte-titres de M. T. ». Le client en question réclamait à lorigine le remboursement intégral des frais de transfert du PEA, mais Marielle Cohen-Branche a jugé ce geste commercial « heureux » pour compenser le retard imputable à la banque, dun mois et non quatre.
Marielle Cohen-Branche expose donc ce cas pour rappeler que le transfert dun PEA peut être une « course dobstacles ». Elle en profite tout de même pour dénoncer l'« absence de zèle » dont les banques font parfois preuve. Or les retards de transfert peuvent effectivement être préjudiciables, car il nest pas possible de détenir deux PEA, ce qui implique une « perte de chance » pour lactionnaire individuel lors de la procédure de transfert.
LAMF demande une évolution réglementaire
Marielle Cohen-Branche affirme avoir évoqué le problème des délais à rallonge pour les transferts de PEA au président de lAMF. Selon elle, ce dernier « a souhaité un aménagement des textes » concernant « la détention de titres sans valeurs, détenus au nominatif pur, de sociétés en liquidation judiciaire », ces titres pouvant bloquer un transfert « pour plusieurs années » alors qu'ils ont perdu toute valeur financière.


















