Dans deux semaines, il sera trop tard. Le 1er février prochain, le taux appliqué aux Plans épargne logement nouvellement ouverts passera à 1,5%, contre 2% actuellement. Les épargnants qui n’en possèdent pas, et même certains parmi les détenteurs actuels, ont donc tout intérêt à ouvrir un PEL avant que le couperet ne tombe. Explications.

« Répercuter progressivement la baisse des taux sur la rémunération » de l’épargne sans risque des Français : c’est l’un des objectifs affichés par le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, hier, à l’occasion de ses vœux à la place financière française. Cette volonté d’adapter l’épargne des Français au contexte durable de taux bas est d’ailleurs déjà à l’œuvre, comme le montre la récente décision gouvernementale de baisser le taux du Plan épargne logement, pour la deuxième fois en un an. De 2,50% jusqu’au 31 janvier 2015, la rémunération du PEL avait été ramenée à 2% le 1er février. Bis repetita en 2016 : à compter du 1er février prochain, les nouveaux plans ne rapporteront plus que 1,50%, soit 1,27% net de prélèvements sociaux.

Il est toujours bon de le rappeler : ce nouveau taux ne s’appliquera qu’aux plans ouverts à compter de cette date, et pas aux anciennes générations. Le PEL fonctionne en effet sur le principe du dépôt à terme, dont le taux est acquis pour toute la durée de vie du produit, à condition de remplir certaines conditions. En ce qui concerne le PEL : y verser au moins 540 euros par an (soit 45 euros par mois) et le maintenir ouvert pendant deux ans minimum.

Lire notre page consacrée au fonctionnement du PEL

Les banques battent le rappel

Conséquence logique : ceux qui ne possèdent pas encore de PEL ont encore le temps de profiter du taux actuel de 2%, en ouvrant avant l’échéance du 1er février. Ils y ont même tout intérêt - à condition bien sûr de pouvoir assumer les conditions déjà décrites - : à 2%, le PEL est en effet sans équivalent parmi les placements sans risque, à l’exception des meilleurs fonds en euros. Les Français ne s’y sont pas trompés, en plaçant près de 20 milliards d’euros supplémentaires sur ce produit en 2015.

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Fidèles à leur habituelle schizophrénie - le patronat bancaire a activement demandé la baisse du taux du PEL, tout en faisant la promotion du produit en agence -, les banques de détail ont bien pris conscience de l’effet d’aubaine en multipliant ses derniers jours les appels du pied aux épargnants, à l’image des caisses régionales du Crédit Mutuel Arkéa sur Twitter :

Quid des anciens PEL ?

Qu’en est-il des épargnants qui possèdent déjà un PEL ? Certains ont-ils intérêt à fermer leur vieux plan pour en rouvrir un nouveau avant la dégradation de ses conditions de rémunération ? La question ne se pose pas vraiment pour ceux qui détiennent un PEL à 2,50% ouvert depuis moins de 10 ans : en effet, il ne sera pas fiscalisé avant son 12e anniversaire et il peut aussi continuer à être abondé jusqu’à ses dix ans.

Pour les autres, ceux qui possèdent un PEL plus ancien, l’affaire est plus complexe. Elle dépend, en effet, de plusieurs facteurs : la génération du produit, et donc son niveau de rémunération ; le niveau d’imposition de l’épargnant, les PEL de plus de 12 ans étant fiscalisés ; éventuellement, l’encours du plan.

Pour ceux qui veulent aller plus loin, lire : Qui a intérêt à rouvrir un PEL ?