Les hostilités déclenchées fin février par les attaques des États-Unis et d'Israël contre l'Iran ont entraîné la flambée des prix du pétrole, du gaz et d'autres produits comme l'engrais, et bousculé les chaînes d'approvisionnement.
En conséquence, les coûts augmenteront et la demande baissera, contrebalançant la vigueur des investissements liés à l'IA ou la baisse des taux effectifs des droits de douane américains, constate l'Organisation de coopération et de développement économiques dans ses prévisions économiques mondiales actualisées.
La zone euro subirait l'un des contrecoups les plus importants. L'institution basée à Paris a abaissé de 0,4 point de pourcentage, à 0,8%, sa prévision de croissance précédente, datée de décembre.
Les principales économies du bloc monétaire sont toutes affectées : l'Allemagne et la France (-0,2 point à 0,8% chacune), l'Italie (-0,2 à 0,4%) et l'Espagne (-0,1 à 2,1%). La croissance européenne remonterait ensuite à 1,2% en 2027, tirée par les dépenses de défense.
Concernant l'inflation, l'OCDE relève nettement sa prévision pour 2026, de 0,7 point à 2,6%. L'inflation décélérerait ensuite à 2,1% en 2027. L'OCDE table sur une atténuation progressive des perturbations du marché de l'énergie à partir de mi-2026. Elle souligne toutefois l'imprévisibilité de la guerre, dont l'impact économique pourrait s'amplifier si celle-ci perdurait.
« En cas de prolongement des perturbations, on pourrait aussi voir apparaître des pénuries d'énergie importantes qui freineraient encore la croissance », souligne-t-elle.
Pour l'économie mondiale globalement, l'OCDE confirme sa prévision d'une croissance de 2,9% en 2026, moindre qu'en 2025 (3,3%). Elle augmenterait timidement à 3% l'année suivante, un peu moins (-0,1 point) qu'anticipé précédemment.
L'OCDE pointe toutefois que la croissance mondiale résistait « bien » avant la guerre et qu'elle aurait pu être relevée « d'environ 0,3 point de pourcentage » sans l'escalade guerrière.
Dans ce contexte assombri, les Etats-Unis tireraient leur épingle du jeu cette année, marquée par des élections de mi-mandat à grand enjeu en novembre.
Après une croissance de 2,1% en 2025, la prévision pour l'économie américaine est relevée de 0,3 point à 2% en 2026. Elle baisse ensuite à 1,7% en 2027 (-0,2), « la forte expansion de l'investissement lié à l'IA étant partiellement compensée par un ralentissement de l'augmentation des revenus réels et des dépenses de consommation. »




















