Dans son deuxième rapport annuel sur le sujet, l'institution souligne que « l'adaptation au changement climatique, la réduction des émissions, la protection des ressources naturelles ne sont (...) pas contraires aux intérêts économiques » et qu'elles favorisent « à la fois la sécurité d'approvisionnement, la compétitivité et la résilience de l'économie ».
Les Sages du Palais Cambon citent notamment la crise énergétique provoquée par le conflit au Moyen-Orient pour montrer le lien entre transition écologique, résilience économique et souveraineté énergétique. La hausse des prix des hydrocarbures renforce aussi selon elle l'intérêt économique des investissements de décarbonation.
Pour autant, les résultats obtenus jusqu'à présent par les politiques de transition écologique « demeurent insuffisants au regard des objectifs fixés », relève la Cour des comptes, citant notamment le ralentissement de la baisse des émissions de gaz à effet de serre ainsi que les difficultés persistantes en matière de biodiversité et de qualité de l'eau.
Pour y remédier, elle recommande notamment de renforcer le rôle du Secrétariat général à la planification écologique (SGPE) et d'intégrer davantage la stratégie pluriannuelle de financement de la transition écologique aux débats budgétaires.
Au-delà de « l'affichage d'objectifs ambitieux », note encore la Cour, « l'État gagnerait à associer à son propre plan de transformation écologique une programmation financière pluriannuelle explicite, permettant d'apprécier la crédibilité des trajectoires annoncées et leur soutenabilité dans la durée ».
Elle estime aussi que l'État doit davantage évaluer l'efficacité réelle des aides publiques.
La Cour évalue les besoins d'investissements bas-carbone à 82 milliards d'euros supplémentaires en 2030, par rapport aux 79 milliards investis en 2024.
« Renoncer à engager ces investissements (...) conduirait à aggraver durablement la situation des finances publiques françaises », avertit l'institution chargée de vérifier le bon usage des deniers publics, soulignant que ces investissements « contribuent précisément à limiter des coûts futurs de réparation, d'adaptation et de reconstruction ».
« Tout retard dans la mise en uvre des politiques climatiques (...) contribue à accroître le coût économique de ces politiques », a alerté lors d'une conférence de presse Eric Allain, contre-rapporteur.
La Cour rappelle qu'un décalage « de seulement trois années dans les politiques climatiques coordonnées ferait plus que doubler le coût économique de la transition climatique à l'horizon 2030, de 0,5% à 1,3% du PIB mondial ».



















