Dans le cadre de la parution de son « portrait social de la France 2015 », l’Insee s’est intéressé à la manière dont les couples gèrent leurs revenus et font face aux dépenses communes. 16,5% des Français pratiquent la séparation totale, un chiffre assez nettement supérieur à la moyenne européenne.

Comment les couples s’organisent pour faire face aux dépenses du ménage ? C'est un sujet abordé par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans son « portrait social de la France », où elle compare la situation française avec celle de ses voisins européens (1).

Des trois cas de figure possibles - la mise en commun totale des revenus, la mise en commun partielle et la séparation complète -, le premier est majoritaire, quel que soit le pays étudié. Même en Finlande, le pays européen où cette option est la moins fréquente, elle concerne 53% des couples. Elle est quasiment généralisée dans d’autres, en Pologne (90%), au Portugal (89%) et en Espagne (87%) notamment. Avec 63% des couples choisissant de mettre en commun l’ensemble de leurs revenus, la France se situe assez nettement en dessous de la moyenne européenne.

La mise en commun partielle est la deuxième option la plus courante. C’est le choix d’un tiers des couples finlandais, de 30% des Suédois ou des Britanniques. Quant à la séparation des revenus, elle ne convainc généralement qu’entre 5 et 10% des couples, sauf dans deux pays : l’Autriche (19%) et la France (16,5%).

Plus les revenus sont élevés, plus les couples cloisonnent

Certaines caractéristiques - démographiques, personnelles, sociales ou économiques - des couples ont un impact sur leur choix. Sans surprise, les couples mariés ont tendance, plus que les autres, à mettre totalement en commun leurs revenus. C’est même la caractéristique la plus clivante, devant l’ancienneté de la vie commune et la présence d’enfants.

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A l’inverse, cette mise en commun est moins fréquente chez les couples qui ne sont pas dans une première union, notamment quand au moins un enfant n’est pas l’enfant des deux conjoints ou que l’un d’entre eux touche une pension alimentaire. Elle l’est également de moins en moins lorsque les deux conjoints travaillent, et à mesure que leur niveau d’éducation et/ou de revenus augmentent.

Toutefois, quel que soit le choix fait par les couples, les choix de dépenses communes importantes sont le plus souvent pris en commun.

(1) L’étude, intitulée « Partage des revenus et du pouvoir de décision dans les couples », est basée sur des données européennes de 2010 portant sur les couples hétérosexuels dont les conjoints sont âgés de 18 à 64 ans et qui vivent ensemble dans le même logement depuis au moins un an. Les pays étudiés sont la Finlande, l’Autriche, la France, la Suède, le Danemark, le Royaume-Uni, l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Pologne.