La justice a décidé cette jonction fin mars, car elle soupçonne une « même entreprise criminelle » derrière ces violences, avec un même « mode opératoire », un « choix » similaire dans les cibles et une même « professionnalisation dans l'organisation mise en place » avec des exécutants, des logisticiens et des commanditaires, a expliqué la source proche.

Le 1er mai, en plein Paris, le père d'un homme ayant fait fortune dans les cryptomonnaies, avait été enlevé par quatre hommes encagoulés alors qu'il sortait promener son chien. Il avait eu un doigt coupé, au terme d'un premier ultimatum fixé par les ravisseurs, qui réclamaient une rançon de plusieurs millions d'euros en cryptomonnaies. L'homme, détenu dans un pavillon en banlieue parisienne, fut finalement libéré.

Le 13 mai, en plein Paris encore, quatre personnes masquées tentaient d'enlever la fille et le petit-fils du PDG de la société spécialisée Paymium, Pierre Noizat. Les victimes parvenaient à mettre en fuite leurs ravisseurs, avec l'intervention du compagnon de la femme.

Le 26 mai, à Couëron (Loire-Atlantique) près de Nantes, une tentative d'enlèvement d'une famille gérant une société de cryptomonnaies était déjouée.

Les enquêteurs soupçonnent dès le début des liens entre ces affaires, les investigations sur le 13 mai ayant permis, par exemple, de découvrir le projet de rapt du 26 et de l'éviter.

« C'est une bonne chose de centraliser les procédures où la chaîne de commandement est manifestement la même », a réagi auprès de l'AFP Romain Chilly, avocat des parties civiles dans les affaires du 1er et 13 mai.

« Toutefois, nous attendons une avancée plus rapide des investigations dans un contexte où les attaques visant les détenteurs de crypto augmentent de façon exponentielle », a-t-il relevé.