2 518 euros nets par mois. C'est ce qu'ont gagné, en moyenne, les salariés du secteur privé en 2020. Pour se hisser dans le club très fermé des 1% de salariés les plus riches, il faut toucher plus de 9 638 euros par mois.

Les faits sont là : en 2020, les salaires ont augmenté de 3,2% en euros constants, c'est-à-dire en tenant compte de la hausse des prix, révèle une étude (1) de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiée ce mardi.

Une hausse en trompe-l'œil

Pourtant, au moment du passage en caisse, rares sont les Français qui se sentent plus riches qu'un an auparavant. A juste titre : « Ce dynamisme est trompeur », explique en effet l'Insee. « Plus que des progressions salariales individuelles, il résulte des modifications substantielles de la structure des emplois en 2020 ».

En cause, la crise sanitaire. « Les emplois qui ont été momentanément détruits étaient en moyenne moins qualifiés et dans des secteurs moins rémunérateurs que les autres (jeunes, contrats courts, etc.) », poursuit l'Insee. Sans oublier le chômage partiel, qui a surtout touché les employés et les ouvriers.

Ces effets de structure auraient artificiellement gonflé les salaires de 1,7%, selon les estimations de l'Insee. Résultat : à catégorie socioprofessionnelle, secteur d'activité et condition d'emploi constants, la hausse des salaires ne serait plus que de 1,5% en euros constants.

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Fortes disparités salariales

Une hausse légère, donc. Mais une hausse tout de même. Le salaire mensuel net moyen en équivalent temps plein des salariés du secteur privé s'élève ainsi à 2 518 euros. Mais tout le monde n'a pas profité des mêmes augmentations.

Dans le détail, les cadres ont vu leur salaire bondir de 2% en 2020, après deux années de baisse consécutives : -0,7% en 2019, et -0,2% en 2018. La hausse est également marquée pour les employés (+1,9%), mais demeure plus modeste pour les professions intermédiaires (+1,3%) et les ouvriers (+0,7%).

Toujours selon l'Insee, un salarié sur deux gagne moins de 2 005 euros nets par mois en équivalent temps plein. L'enquête relève par ailleurs que, si elles ne s'aggravent pas, de fortes inégalités salariales persistent en 2020.

Les 10% de salariés les plus modestes, par exemple, gagnent moins de 1 343 euros. Par contraste, les 10% de salariés les plus aisés perçoivent un revenu supérieur à 4 033 euros. Fait marquant : pour rejoindre les 1% des salariés les plus riches de France, il faut empocher plus de 9 638 euros.

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On retrouve également des écarts de salaires d'un secteur d'activité à l'autre. Les salaires nets en équivalent temps plein atteignent en moyenne 2 773 euros par mois pour l'industrie, 2 275 euros pour la construction, et 2 485 euros pour le tertiaire. A contrario, le salaire moyen est mécaniquement plus élevé dans les secteurs avec une forte proportion de cadres, comme les services financiers (3 750 euros) et l'information-communication (3 583 euros).

Pour finir, l'Insee relève qu'en 2020 les femmes gagnent en moyenne 15,2% de moins que les hommes en équivalent temps plein. Un écart de salaire qui tend à se réduire : -0,9 point en 2020, portant à -5,7 points la baisse depuis 2008. Mais la route est encore longue. « Les femmes travaillant plus souvent à temps partiel, l'écart moyen de rémunération serait encore plus important si les salaires perçus n'étaient pas rapportés au volume de travail », rappelle l'Insee.

Salaires : qui sont les 1% des salariés qui gagnent le plus dans le privé ?

Salaires du privé : les chiffres clés

  • 1 220 euros : Smic net en 2020
  • 1 343 euros : salaire net des 10% des salariés gagnant le moins
  • 2 005 euros : salaire net médian (50% des salariés gagnent plus, 50% gagnent moins)
  • 2 518 euros : salaire net moyen, à temps plein, en 2020
  • 4 033 euros : salaire net des 10% des salariés gagnant le plus
  • 9 638 euros : salaire net des 1% de salariés les mieux payés

Outil interactif : Combien de salariés gagnent plus ou moins que vous ?

(1) Les salaires dans le secteur privé, Insee Première, Numéro 1898