C'est acté : Emmanuel Macron et Marine Le Pen s'opposeront à nouveau ce dimanche 24 avril à l'occasion du second tour de la présidentielle. Le point sur le volet aides sociales du programme des deux candidats.

On commence sans plus attendre avec le candidat En Marche, qui a dévoilé son programme dans le courant du mois de mars, mais devrait encore l'étoffer au cours des prochains jours. Entre coups de rabot fiscaux, et revalorisation de certaines aides sociales, le coût total des propositions d'Emmanuel Macron est pour l'instant estimé à 50 milliards d'euros par an.

Macron : le « candidat du travail »

S'il est réélu pour un second mandat, le président sortant souhaite atteindre le plein-emploi, soit un taux de chômage inférieur à 5%. Pour cela, Emmanuel Macron a notamment prévu une nouvelle réforme de l'assurance chômage. « À chaque fois que la conjoncture s'améliore, on doit avoir des règles qui incitent encore davantage au retour à l'emploi, à chaque fois qu'elle se dégrade, on doit protéger », a-t-il déclaré. Au passage, Pôle Emploi deviendra « France Travail ».

Il souhaite également conditionner le versement du revenu de solidarité active (RSA) à « l'obligation de consacrer 15 à 20 heures par semaine » à une activité favorisant l'insertion professionnelle. Ce RSA, promet-il, sera fusionné avec d'autres aides versées par les Caisses d'allocations familiales (CAF), comme les aides au logement (APL) et la prime d'activité.

L'ensemble de ces aides formeront un revenu universel d'activité (RUA), versé directement « à la source » pour lutter contre le non-recours et la fraude sociale. « De la même manière que nous avons su faire le prélèvement à la source, il convient de faire le versement à la source », a commenté Richard Ferrand, proche soutien du président sortant, devant les caméras de l'émission C à vous. L'idée vous semble familière ? Sans doute parce qu'elle faisait déjà partie de son programme en 2017.

Le candidat Macron prévoit en outre de revaloriser certaines prestations sociales. A commencer par l'allocation de soutien pour les mères célibataires, qui sera augmentée de 116 à 174 euros par enfant, soit une hausse de 50%. Pour finir, Emmanuel Macron promet de tripler le montant de la prime d'activité, aujourd'hui plafonnée à 1 000 euros. En 2021, environ 4 millions de Français avaient pu bénéficier de ce coup de pouce financier, pour un montant moyen de 506 euros par personne.

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Le Pen : priorité aux Français

Pour sa part, Marine Le Pen prévoit de mettre en place une « priorité nationale », principe qui permettra, selon elle, « de réserver un certain nombre des prestations sociales aux seuls Français ou encore de leur accorder une priorité d'accès au logement social ». A la clé, 16,1 milliards d'euros économisés chaque année, estime la candidate du Rassemblement national. Pour éradiquer la fraude, elle souhaite par ailleurs créer un ministère de la lutte contre les fraudes, à la fois fiscales et sociales.

La représentante de l'extrême droite propose également de déconjugaliser l'Allocation adulte handicapé (AAH). Il s'agirait, en clair, de revoir le mode de calcul de cette allocation pour que les ressources du conjoint ne soient plus prises en compte. Une mesure réclamée par de nombreuses associations, et qui avait notamment fait l'objet d'une pétition sur le site du Sénat. Le document, initié en septembre 2020, avait recueilli plus de 100 000 signatures.

Dans ses autres promesses, Marine Le Pen balaie toute la pyramide des âges. Pour les plus âgés, la candidate prévoit ainsi de revaloriser l'Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) à hauteur de 1 000 euros par mois et d'augmenter les petites retraites. Les jeunes bénéficieront quant à eux d'un chèque-formation de 200 à 300 euros par mois pendant leurs études. Sans oublier les parents isolés, pour qui la candidate prévoit un doublement du montant de l'allocation de soutien familial.

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