Interrogé sur TF1 hier soir, le premier ministre François Fillon a évoqué les deux sujets majeurs de politique intérieure, les retraites et la réduction des déficits publics. Il a également reconnu quelques erreurs dans la politique de réforme du gouvernement.

Les retraites

Lundi dernier, le site internet du Monde avait annoncé que le gouvernement travaillait sur l’hypothèse d’un report progressif de l’âge légal de départ à la retraite, de 60 ans actuellement à 63 ans en 2050. Information immédiatement démentie par l’Elysée.

Hier sur TF1, François Fillon a confirmé que « le report de l’âge légal [était] une solution » que le gouvernement étudiait, « parmi d’autres ».

Pour lui, l’idée de base consiste à dire : « puisque la durée de vie s'allonge, il faut conserver le même rapport entre le temps qu'on passe au travail et le temps qu'on passe à la retraite. »

Le premier ministre a également fait valoir qu’« aucun pays ne [pouvait] se permettre de laisser filer ses régimes de retraites ». « C'est immoral », a-t-il conclu.

Le déficit public

« On va faire en deux ans cinq milliards d'euros d'économies sur les niches fiscales, c'est un objectif impératif que je fixerai demain (aujourd’hui, NDLR) aux membres du gouvernement » a annoncé François Fillon, qui a également prévenu les Français : « On va prendre des mesures qui seront des mesures difficiles » pour réduire la dette française, qui s'est creusée sous l'effet de la crise.

Il a toutefois promis que La France « allait sortir de cette crise [la première], devant les Allemands en terme de croissance ».

Frais bancaires : jusqu'à 259 € d'économies grâce à notre comparateur

Les réformes

Devant les caméras de TF1, le premier ministre s’est livré à quelques confessions. « Ici ou là, on a certainement commis des erreurs ou repoussé des réformes qui étaient nécessaires », a-t-il admis, à la veille du troisième anniversaire de l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée.

Parmi ces regrets, la taxe carbone, dont il a regretté « que le Conseil constitutionnel l'ait rendue impossible à mettre en œuvre » tout en admettant que « sans doute aurions-nous dû mieux la préparer ».

« Il y a eu beaucoup de réformes importantes qui ont été faites » a-t-il toutefois estimé. « Peut-être qu'elles ont déstabilisé nos concitoyens, mais quand ils feront le bilan ils constateront que la France est aujourd'hui en Europe le pays qui a fait le plus d'efforts de modernisation et qui, finalement c'est naturel, a les meilleurs résultats ».