François Fillon a préparé mercredi les esprits à des "décisions difficiles" qui seront mises en œuvre dès le budget 2011 pour conforter la situation économique et financière de la France et éviter un scénario à la grecque.

Le Premier ministre a annoncé sur TF1 la tenue d'un séminaire gouvernemental jeudi pour préparer les bugdets de 2011 et 2012. A cette occasion, « on va prendre des décisions qui seront des décisions difficiles », a-t-il averti.

Objectif: réduire le déficit aggravé par la crise économique, pour protéger « la signature » de la France auprès des agences de notation et lui éviter ainsi de connaître le même sort que l'Espagne, le Portugal et la Grèce, dont le gouvernement a adopté une politique de rigueur inédite déclenchant la colère de la population.

Protéger la signature française

« La France est aujourd'hui avec l'Allemagne la meilleure signature en Europe. Nous devons tout faire pour conserver cette signature », a martelé le chef du gouvernement. A cette fin, il faut « faire des réformes » et « ne pas rester immobile face à un monde qui est train de changer », a-t-il plaidé. Il est ainsi impératif, a-t-il dit, de « baisser la dépense » publique -« dont les dépenses sociales »- qui est aujourd'hui « trop élevée », sans cependant détailler les mesures d'économie envisagées. Il a aussi chiffré à cinq milliards d'euros le rabotage que le gouvernement entend réaliser sur les niches fiscales, qui coûtent chaque année 70 milliards à l'Etat.

En revanche, sur le dossier sensible des retraites - dont le déficit qui ne cesse de se creuser contribue à l'endettement du pays - il n'a pas dit s'il entendait reporter l'âge légal de départ, aujourd'hui à 60 ans, sans toutefois nier qu'il s'agissait d'une option possible. « Tous les autres pays européens, tous les pays développés ont fait le choix d'augmenter la durée de cotisations ou de repousser l'âge légal de la retraite, c'est donc une solution que nous étudions parmi les autres », a-t-il déclaré.

« L'attaque contre l'Euro va échouer »

L'annonce d'une possible dégradation de la dette du Portugal et les violences meurtrières lors des manifestations en Grèce ont fait rechuter les Bourses européennes mercredi et plonger l'euro sous les 1,29 dollar, son plus bas niveau depuis mars 2009. Mais cette « attaque spéculative » contre la monnaie européenne « va échouer », a assuré François Fillon parce que la zone euro est « solide » et que l'Europe a fait preuve d'« une solidarité sans faille » à l'égard d'Athènes.

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Le Premier ministre, qui s'exprimait à la veille du 3e anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, s'est dit « fier » de le servir. Tout juste a-t-il reconnu « ici ou là » des « erreurs », notamment sur la taxe carbone, qui aurait pu être « mieux préparée ». Il s'est surtout attaché à défendre le bilan de l'exécutif: « il y a eu beaucoup de réformes importantes qui ont été faites. Peut-être qu'elles ont déstabilisé nos concitoyens mais quand ils feront le bilan ils constateront que la France est aujourd'hui en Europe le pays qui (...) a les meilleurs résultats ».

Pense-t-il à une candidature présidentielle le matin en se rasant, selon la formule désormais célèbre? « Non », a répondu François Fillon en souriant. Il n'a pas voulu dire non plus s'il souhaitait que son bail à Matignon se prolonge jusqu'en 2012 alors que son départ à l'automne est souvent évoqué.